Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Quel espoir représentent les vaccins contre le cancer ?

Émission du 11 octobre 2012

Experts invités :

Dr Réjean Lapointe, Immuno-oncologue, Centre de recherche sur le cancer du CHUM

Dr Fred Saad, Uro-oncologue, Centre de recherche sur le cancer du CHUM

Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) vient d’approuver un vaccin contre le cancer de la prostate. Il s’agit d’un vaccin thérapeutique, conçu pour stimuler le système immunitaire des gens déjà atteints de ce cancer afin de les aider à combattre la maladie. Chez nous, une équipe de recherche du CHUM travaille dans la même voie, afin de développer des vaccins du même genre contre d’autres types de cancers.

Une nouvelle approche

L’heure est à l’optimisme à l’Université de Montréal : «Ça fait quand même très longtemps qu’on espère être capables de vacciner contre le cancer, explique le Dr Réjean Lapointe, et depuis quelques années, on a maintenant de bonnes raisons de croire que c’est possible de le faire.»

Pour cet immuno-oncologue, le développement de vaccins contre le cancer offre des défis particulièrement intéressants pour les chercheurs, car il ouvre des pistes thérapeutiques complètement différentes des traitements classiques de chimiothérapie et de radiothérapie développés il y a une trentaine d’années. Alors que ceux-ci ont été conçus pour s’attaquer directement aux cellules cancéreuses, les vaccins traitent le problème par une autre voie, celle de l’immunité.

«Avec l’immunothérapie, on ne s’attaque pas à la cellule cancéreuse directement, précise le Dr Lapointe. On cherche plutôt à stimuler un intermédiaire, le système immunitaire, qui a une réponse contre les cellules cancéreuses. C’est un changement dans notre façon de voir les choses. Et maintenant, ce qu’on essaie souvent de faire depuis quelques années, c’est de combiner les immunothérapies avec les approches classiques pour essayer d’être plus efficaces.»

Des vaccins non pas préventifs, mais curatifs

Les vaccins contre le cancer seront également bien différents des vaccins préventifs qu’on utilise habituellement pour prévenir les infections, comme le vaccin contre la grippe. Plutôt que de les administrer avant l’arrivée de la maladie, en prévention, les vaccins contre le cancer seraient plutôt curatifs, ou thérapeutiques : ils seraient administrés après le diagnostic afin de stimuler le système immunitaire et aider celui-ci à défendre l’organisme contre les cellules cancéreuses.

Pour atteindre cet objectif, les chercheurs doivent travailler sur deux plans : identifier les meilleures cibles que le système immunitaire pourra attaquer, et aider le système immunitaire à répondre efficacement et à s’activer contre ces cibles.

Vaccins préventifs contre vaccins thérapeutiques

À l’heure actuelle, le vaccin contre le cancer de la prostate – celui que la FDA vient d’approuver – n’est pas encore disponible au Canada. Uro-oncologue au CHUM, le Dr Fred Saad explique que l’efficacité de ce vaccin demeure limitée et que son coût est exorbitant (100 000 $ par traitement). Le Dr Saad demeure malgré tout très enthousiasmé par la recherche sur les vaccins contre le cancer de la prostate, puisque ceux-ci permettront, à terme, de transformer un cancer mortel en maladie chronique, comme ce fut le cas pour le diabète.

Ainsi à défaut de guérir les gens complètement, cette nouvelle approche permettra peut-être de garder les gens en vie plus longtemps, avec une bonne qualité de vie. Et si le vaccin contre le cancer de la prostate demeure pour le moment celui pour lequel la recherche fonde le plus d’espoir, d’autres vaccins du genre pourraient éventuellement voir le jour, pour traiter notamment les cancers du poumon, du sein et du rein.