Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Doit-on médicaliser le SPM ?

Émission du 11 octobre 2012

Le syndrome prémenstruel (SPM) est un problème bien connu et souvent tourné en dérision. Et pourtant, certaines femmes en sont profondément affectées, au point où elles souffriraient non seulement de très grande irritabilité ou d’état dépressif, mais elles pourraient également devenir agressives et même violentes. C’est pourquoi certains spécialistes proposent de définir une nouvelle variante du syndrome prémenstruel, soit le trouble dysphorique prémenstruel (TDP).

Il semble que 5 à 10 % des femmes seraient touchées par ce problème, contre 20 à 30 % qui souffriraient de la version plus classique du SPM. Or, il semble que les éditeurs du DSM, le grand répertoire américain des troubles mentaux, s’apprêtent à intégrer le TDP à leur prochaine édition prévue au printemps 2013.

Et puisque maladie égale bien souvent médicament, des compagnies pharmaceutiques soutiennent qu’il est possible de traiter cette nouvelle pathologie par l’utilisation de certains médicaments, plus précisément des antidépresseurs. C’est dans cette foulée que la compagnie Eli Lilly, fabricant du Prozac, a réussi à obtenir un nouveau brevet en découvrant une nouvelle application à ce médicament, soit le traitement du TDP. En créant une nouvelle application pour son produit, la compagnie a ainsi réussi à prolonger son brevet.

Le trouble dysphorique prémenstruel est-il un trouble mental réel ou une simple invention des compagnies pharmaceutiques pour vendre plus de médicaments? Le débat est lancé et il est loin d’être terminé. Car pour les détracteurs de cette nouvelle version du SPM, il est clair que les antidépresseurs ne sont pas la solution miracle à offrir aux femmes souffrant de tels symptômes. Il vaudrait mieux, selon eux, leur offrir un soutien différent, puisque leurs troubles mentaux et comportementaux ne peuvent certainement pas être réduits à de simples problèmes hormonaux.