Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

L'accouchement est-il devenu trop médicalisé ?

Émission du 18 octobre 2012

Experts invités :

Dre Lorraine Dontigny, Obstétricienne-gynécologue, Hôpital de LaSalle

Karine Bisson, Coordonnatrice du programme de périnatalité, Hôpital de LaSalle

À une époque où on tente de tout faire plus naturellement, il est surprenant de constater que l’accouchement est de plus en plus médicalisé au Québec. À titre d’exemple, le nombre d’accouchements sous péridurale a augmenté d’environ 30 % depuis 1996. On remarque également un nombre plus élevé de césariennes : au Québec, on parle de 20 % des naissances, alors qu’il y a 35 ans, c’était 5 %. À l’hôpital de LaSalle, on voit les choses différemment et le personnel tente au contraire d’aider les femmes qui le souhaitent à accoucher le plus naturellement possible.

Gérer les risques

Pourquoi les accouchements sont-ils de plus en plus médicalisés? Pour l’obstétricienne-gynécologue Lorraine Dontigny, cette situation s’explique probablement par le fait que de manière générale, le personnel médical craint que les accouchements ne tournent mal. «Malheureusement comme gynécologue-obstétricien ou médecin de famille qui pratique l’obstétrique, on a toujours ça derrière la tête, reconnaît-elle. Mais il ne faut pas que ça nous empêche de bien travailler et de bien fonctionner. Et il ne faut surtout pas que ça nous mène à poser des gestes inutiles lors de notre prise en charge de la femme qui accouche.»

À l’hôpital de LaSalle, on tente de voir les choses différemment. Coordonnatrice du programme de périnatalité, Karine Bisson explique que depuis plusieurs décennies déjà, il existe dans cet hôpital une culture qui permet de gérer les risques. Que ce soit pour les accouchements dits «de siège» ou par césarienne, ou les possibles complications obstétricales qui peuvent survenir pendant le travail, les médecins qui pratiquent dans cet hôpital ont l’habitude de gérer ces risques et en tentant d’éviter le plus possible la césarienne en utilisant des moyens naturels.

Les installations et l’organisation du travail à l’hôpital de LaSalle sont justement conçues pour poursuivre cet objectif : les mamans qui y accouchent ont notamment la chance de bénéficier d’une chambre privée et d’une infirmière qui leur sont exclusivement consacrées. «Pour l’accompagnement à la douleur tout au long du travail, c’est plus facile et plus réaliste pour une infirmière de suivre une patiente et vraiment l’accompagner jusqu’au bout pour gérer la douleur avec des moyens naturels.»

«La base de notre philosophie, poursuit-elle, c’est de faire en sorte que l’accouchement ne soit pas traité comme une maladie, mais comme un phénomène naturel. On ne s’en vient pas à l’hôpital parce qu’on est malade, mais pour accoucher.»

L’épidurale

Malgré tout l’accent qui est mis sur les approches naturelles, le personnel de l’hôpital de LaSalle ne rejette pas le recours à l’épidurale pour autant. Rappelant qu’il s’agit d’une méthode de soulagement de la douleur qui est offerte aux patientes, Lorraine Dontigny considère qu’il est avant tout primordial de suivre les désirs des femmes : «Si les autres méthodes plus naturelles ne sont pas suffisantes, que l’accompagnement à la douleur n’est pas suffisant, l’épidurale demeure une bonne alternative pour ces femmes-là.»

Les césariennes

Et même si l’accent est mis sur les accouchements naturels, l’hôpital de LaSalle a tout de même constaté une légère augmentation du recours aux césariennes. Karine Bisson explique cette situation par l’augmentation du nombre de cas de diabète de grossesse. Dans la foulée de la hausse des traitements de procréation assistée, les grossesses multiples ont également augmenté. D’autres situations précises, comme les accouchements par siège, comportent également certains risques, notamment les risques de rupture utérine, ce qui peut légitimer le recours à la césarienne.

Le choix de l’accouchement naturel

Voilà maintenant une vingtaine d’années que l’hôpital de LaSalle a effectué son virage vers les accouchements naturels. Plusieurs autres hôpitaux ont, depuis, emboîté le pas. Le personnel de l’hôpital de LaSalle demeure malgré tout habité par l’idée d’offrir aux patientes qui le souhaitent la possibilité d’accoucher de la manière la plus naturelle possible.

«Je pense qu’il faut revenir aux racines et à la base, et offrir un accouchement naturel à celles qui peuvent l’avoir.» Et c’est là, selon elle, toute la beauté de leur approche : offrir les accouchements naturels, mais également être prêts à agir du point de vue médical si un incident se produit.