Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Karine Paiement - trouver de l'aide pour faire son coming-out

Émission du 10 janvier 2013

On a aujourd’hui l’impression que l’homosexualité est bien acceptée. Mais pourtant, on a encore beaucoup de chemin à faire. C’est pourquoi des témoignages comme celui de Karine Paiement sont importants, pour que les tabous tombent enfin.

Choisir de vivre dans la vérité

Il a fallu des années avant que Karine Paiement ne découvre qu’elle était homosexuelle. Elle, qui vivait en couple avec un homme depuis sept ans et qui s’était toujours considérée comme hétérosexuelle, n’aurait jamais imaginé qu’au fond d’elle-même, sa véritable nature la portait vers les femmes.

Avec le recul, elle se souvient maintenant que dès son plus jeune âge, elle a commencé à être fascinée par le corps des femmes, mais de là à se définir comme homosexuelle, il y avait tout un fossé à franchir. Et même si ce passage ne s’est pas fait sans douleur, elle sait aujourd’hui que sa décision de faire un coming-out a été la bonne.

«Le coming-out, selon moi, ça se résume à tout simplement dire la vérité, soutient-elle. C’est d’accepter qui on est, de se donner le droit d’être heureux et je pense que c’est surtout nécessaire.»

Quand la curiosité s’installe

Après quelques années de vie commune avec un homme, Karine a commencé à sentir qu’elle n’était pas heureuse dans cette relation. Poussée par une curiosité d’explorer sa fascination pour le corps féminin, elle rencontre une femme avec qui elle entame une relation extra-conjugale. C’est pour elle une révélation, mais aussi un choc terrible.

«La tête voulait me sauter, je ne savais pas où me tourner, ni qui consulter.» Sentant qu’elle avait réellement besoin d’une aide professionnelle, elle se tourne vers le centre de crise de son CLSC local. «Quand je suis arrivée au CLSC, le premier problème c’est que je ne savais même pas pourquoi j’y allais, raconte-t-elle. Tout ce que je savais c’est que ça ne fonctionnait plus dans ma tête. Dans mon cœur, j’étais carrément en train de virer folle, je me serais pitché la tête sur les murs.»

Lorsque Karine raconte son histoire personnelle à l’intervenante du CLSC, cette dernière détecte que la source du problème se loge peut-être dans son orientation sexuelle. Et là, Karine s’effondre en larmes et comprend soudainement que c’est effectivement dans cette sphère de sa vie que se loge son problème principal. C’est pour elle le début d’une grande transformation.

Repartir à zéro

«Février 2008 : je mettais la hache dans ma vie. Je détruisais tout et je recommençais à zéro. En même temps, je perdais un emploi, ma maison, mon chien, ma relation avec mon chum… C’est sûr qu’au départ j’avais peur, car je me demandais si je saccageais une relation de 7 ans pour une relation de 2 mois, mais j’étais tellement certaine de ce que je faisais, certaine de mes sentiments que j’avais l’impression de respirer pour la première fois.»

Aujourd’hui, Karine se dit convaincue que les personnes qui choisissent de ne pas parler de leur homosexualité ou de ne pas la vivre se mettent à risque de vivre de sérieux dommages : «La dépression n’est pas loin, c’est toujours une épée de Damoclès en haut de sa tête, ça peut saccager des familles, ou faire simplement en sorte qu’on n’est pas heureux, qu’on passe notre vie à se mentir à soi-même et ça peut même mener au suicide.»

Faire son coming-out en 2012

«En 2012, faire un coming-out, je pense que ce n’est pas nécessairement plus facile pour un homme que pour une femme, opine Karine. Les milieux personnels, professionnels, familiaux et même religieux ont une forte influence sur la façon dont les personnes peuvent vivre le coming-out.»

«Mentir, ça fait mal, poursuit-elle. Certains décident de continuer à vivre ça parce qu’ils ont vraiment plus peur des répercussions que du mal qu’ils peuvent s’infliger à eux-mêmes en ne faisant pas leur coming-out.»

Si Karine prend aujourd’hui la parole publiquement, c’est pour inciter d’autres personnes à en faire autant : «Si une seule personne écoute ce que je dis, et que je lui donne envie de faire son coming-out pour être heureux, et qu’elle va chercher l’aide dont elle a besoin, si juste une personne le fait, ma job va être faite.»

Informations supplémentaires

Les centres d’écoute reçoivent un nombre considérable d’appels de jeunes gais et lesbiennes qui se demandent s’ils doivent révéler leur orientation sexuelle à leur entourage. Bien que le coming-out soit généralement considéré comme un tournant positif, chaque cas est particulier et exige une bonne dose de jugement et de doigté.
À chacun de décider.

Ressources

Karine Paiement intervient dans les écoles et le milieu communautaire par l’intermédiaire du GRIS, le Groupe de Recherche et d'Intervention Sociale, qui vise à démystifier l’homosexualité et la bisexualité.
http://www.gris.ca

Gai écoute : http://www.gai-ecoute.qc.ca/default.aspx?scheme=3322

Alter héros : http://www.alterheros.com