Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Dre Mathilde Barbeau : surmonter les obstacles pour devenir médecin

Émission du 17 janvier 2013

Mathilde Barbeau est un bel exemple de détermination. Elle est atteinte de spina-bifida et rêvait de devenir médecin. On comprend bien pourquoi aujourd’hui elle inspire autant ses patients.

Un précieux héritage

À 40 ans, Mathilde Barbeau respire le bonheur et la joie de vivre. Médecin de famille au Centre de réadaptation de Chaudière-Appalaches et à la Polyclinique des Ponts de Charny, elle trottine d’une salle à l’autre avec entrain, même si elle ne peut se tenir debout sans l’aide de ses orthèses et de ses béquilles.

Née avec un spina-bifida et une tumeur bénigne pour laquelle elle a dû se faire opérer à deux reprises, Mathilde a appris très jeune à se déplacer avec ses orthèses et ses béquilles sans lesquelles elle ne peut se tenir debout. Son père, architecte naval de métier, venait tout juste de terminer de construire la maison familiale à la naissance de Mathilde : une maison moderne, avec des paliers entre chaque pièce. Quand ils ont appris que Mathilde était atteinte de spina-bifida et qu’il était possible qu’elle ne puisse jamais marcher, les jeunes parents se sont retrouvés devant un choix difficile : vendre la maison familiale fraîchement construite ou y habiter malgré le handicap de Mathilde.

«Mes parents se sont dit que de toute manière, des escaliers, j’en rencontrerais beaucoup dans ma vie et que j’étais bien mieux de m’y habituer tout de suite», raconte Mathilde. Et c’est effectivement ce qui s’est passé : Mathilde a grandi en se soutenant sur ses orthèses et ses béquilles, et ses parents l’ont toujours encouragée à se déplacer de manière autonome. Et quand il lui arrivait de tomber, ils la laissaient se relever toute seule – non pas par cruauté, bien sûr, mais pour développer son indépendance et sa débrouillardise.

Le jour de ses 16 ans, ses parents lui offrent une nouvelle clé vers la liberté : une voiture adaptée, pour laquelle ils avaient économisé pendant des années. Mathilde pourra donc conduire elle-même et se déplacer où bon lui semble, ce qui facilitera grandement ses études collégiales et universitaires.

Choisir sa vie sans contraintes

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les enseignements parentaux ont porté leurs fruits. Lorsque le temps est venu pour Mathilde de faire son choix de carrière, ses rêves étaient libres de toute contrainte : elle souhaitait devenir architecte, comme son père, ou médecin. Mais après avoir pris conscience que de manière réaliste, il lui serait difficile comme architecte de monter dans les échafauds pour surveiller les chantiers, Mathilde a pris la décision de se diriger vers la médecine. Après avoir complété un baccalauréat en psychologie, elle est finalement admise en médecine à l’Université de Montréal.

Tout au long de ses études, Mathilde suivra le même cheminement que ses camarades, malgré toutes les contraintes que lui causent ses orthèses et ses béquilles. Mis à part une exception qui lui a épargné de faire des 24 heures d’affilée – car c’était pour elle extrêmement souffrant de porter ses orthèses aussi longtemps –, elle a suivi exactement le même cursus que tous les autres étudiants. Elle se souvient d’un sage conseil d’un professeur : «Quand tu vas avoir ton permis de pratique, je veux que tu aies le même permis que tout le monde.»

Pratiquer la médecine

Après avoir choisi la voie de la médecine familiale, Mathilde alterne aujourd’hui sa pratique entre le Centre de réadaptation de Chaudière-Appalaches, la Polyclinique des Ponts et la Régie des rentes du Québec. Au Centre de réadaptation, elle travaille beaucoup avec les blessés médullaires. Même si ce n’est pas la raison de son orientation professionnelle, elle croit qu’elle est peut-être en mesure de mieux comprendre certaines problématiques que ses patients peuvent vivre puisqu’elles sont parfois semblables à celles du spina-bifida.

Avec le recul, Mathilde se dit heureuse que ses parents lui aient légué un héritage d’autonomie et d’indépendance. Car c’est grâce à eux qu’elle a appris que oui, ça fait partie de la vie de rencontrer des obstacles, mais qu’il est toujours possible de trouver des solutions.

Informations supplémentaires

Le spina-bifida est devenu une condition plus rare depuis qu’on a commencé à insister sur l’importance de l’acide folique dans la diète et à en donner en suppléments aux femmes enceintes. On estime qu’à l’heure actuelle au Québec, 1 enfant sur 1350 environ naît avec un spina-bifida dont les conséquences et la gravité sont très variables. Certaines personnes sont beaucoup plus affectées que d’autres.