Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Kadir Alibhay, préposé aux bénéficiaires

Émission du 24 janvier 2013

Les résidents de l’Institut de gériatrie de Montréal vivent avec un ange gardien : Kadir Alibhay, préposé aux bénéficiaires. Un homme qu’on aimerait tous avoir à nos côtés pour veiller sur nous en fin de vie. Rencontre avec un aidant exceptionnel.

Une vocation

Pour Kadir Alibhay, le travail de préposé aux bénéficiaires est beaucoup plus qu’un simple métier, c’est une véritable vocation. Employé de l’Institut de gériatrie de Montréal depuis plus de 30 ans, il œuvre comme préposé aux bénéficiaires depuis 20 ans et demeure toujours aussi dévoué dans l’accompagnement quotidien qu’il offre aux résidents de l’Institut. «Il faut aimer la gériatrie, explique-t-il en décrivant son métier. Il faut aimer les personnes âgées et il faut avoir beaucoup de patience. Et il faut avoir beaucoup d’amour à donner à ces personnes.»

Des petits gestes qui font la différence

Parmi les multiples délicatesses qui font sa marque de commerce, Kadir accorde une très grande importance au respect de la dignité des patients, ce qui veut dire pour lui de les habiller proprement, avec leurs vêtements personnels, et de les coiffer avec soin. «On se met un peu à leur place, explique-t-il, comme si c’était nos parents ou nos grands-parents. On ne voudrait pas qu’ils soient mal habillés, avec du linge froissé ou quoi que ce soit…»

Le respect des cultures d’origine

Depuis qu’il travaille à l’Institut de gériatrie, Kadir a remarqué un changement important dans la clientèle qui y est hébergée. Alors que les patients étaient autrefois majoritairement anglophones, ceux-ci proviennent aujourd’hui d’un grand nombre de communautés culturelles et plusieurs d’entre eux ne parlent que très peu le français ou l’anglais. Conscient qu’il n’est pas facile pour ces patients de se sentir à l’aise dans un milieu où ils n’ont pas les mêmes repères culturels, Kadir se fait toujours un devoir d’apprendre les rudiments de la langue des nouveaux patients, afin de pouvoir les saluer et échanger quelques mots dans leur langue d’origine. Il faut dire que Kadir est déjà polyglotte, puisqu’il parle couramment cinq langues : le français, l’anglais, le malgache, le gujarati et le katchi.

Le contact avec les familles

Kadir s’efforce également de cultiver un lien étroit avec la famille des résidents qu’il accompagne, pour aider ceux-ci à se sentir le plus confortable possible dans leur nouvelle résidence. Ce contact lui permet de connaître les petites habitudes des nouveaux résidents, par exemple les journaux qu’ils ont l’habitude de lire ou la température à laquelle ils aiment boire leur eau. (Ça peut sembler un détail, mais comme le souligne Kadir, les aînés chinois ont généralement l’habitude de boire leur eau tiède ou chaude, plutôt que froide comme la majorité des Québécois...)

Pour plusieurs communautés culturelles, le lien avec les aînés est très important, souligne Kadir : «Pour certaines familles, c’est un deuil quand ils viennent placer leur parent ici. Ils n’ont pas l’habitude de devoir placer la famille, et pour eux, c’est difficile de ne pas pouvoir prendre soin de leurs parents.»

Le dernier voyage

Lorsqu’il le peut, Kadir prend un peu de temps pour quelques attentions particulières, comme d’écouter avec ses patients de la musique de leur pays d’origine. «Ça leur fait plaisir, ces petites attentions, car ils n’ont pas beaucoup de contact avec le monde extérieur ni les autres résidents qui ne sont pas de la même ethnie qu’eux, explique-t-il. Quand les gens arrivent ici, souvent ils sont déracinés. Ils viennent de la maison, ils arrivent dans un monde où il n’y a que des étrangers. Il faut qu’ils s’adaptent à la nourriture, à des horaires différents. C’est comme si on allait en voyage; en Chine, où personne ne nous comprend.»

«Un préposé aux bénéficiaires, c’est d’être avec eux, de les accompagner et surtout, de leur donner de l’amour, conclut Kadir. C’est très important parce qu’ils sont ici pour le peu de temps qu’il leur reste à vivre et on essaie de leur rendre ça agréable, comme s’ils étaient chez eux. Ils sont chez eux, dans un sens, mais pas à la maison.»