Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Carol Bernier : aménager un lieu de recueillement à l'hôpital

Émission du 31 janvier 2013

Il y a un an et demi, l’artiste-peintre Carol Bernier a failli perdre son conjoint dans des circonstances soudaines et dramatiques. Alors qu’il subissait une opération d’urgence pour une rupture de l’aorte, elle a vécu de longues heures d’attente à se recueillir à et prier – et le miracle a eu lieu! Sa façon de dire merci : la restauration de la chapelle de l’hôpital Notre-Dame.

Un lieu pour se recueillir

«À l’intérieur même de l’hôpital, le lieu de recueillement est important pour rendre l’attente plus tolérable et rendre la souffrance plus tolérable, et pour pouvoir se recentrer sur sa propre force.»
Carol Bernier

Lorsqu’elle a elle-même connu cette longue attente à l’Hôtel-Dieu, lors de l’opération de son conjoint, Carol Bernier a pris conscience que les sièges inconfortables, les murs désuets et la lumière blafarde des hôpitaux étaient loin de correspondre aux lieux douillets et paisibles qu’on souhaiterait retrouver dans un espace de recueillement. Tout à fait par hasard, elle a découvert la petite chapelle, très simple et modeste, mais qui avait au moins pour mérite d’être en retrait de l’ambiance de l’hôpital, avec ses bruits et ses odeurs. «Ça m’a permis de retrouver un certain calme», se souvient-elle.

De retour à son travail de création, après la convalescence de son conjoint, Carol Bernier a repensé à cette petite chapelle et elle s’est questionnée sur ce qu’elle pourrait faire pour l’améliorer. Après avoir écrit au directeur général de l’hôpital, elle a appris que cette petite chapelle n’aurait prochainement plus sa raison d’être, car l’Hôtel-Dieu perdrait prochainement sa vocation d’hôpital. Par contre, la chapelle de l’Hôpital Notre-Dame, dans le même centre hospitalier, avait elle aussi besoin de restauration et l’offre de Carol Bernier a été bien accueillie.

Une chapelle renouvelée

En accord avec l’équipe des soins spirituels de l’hôpital qui avait déjà prévu d’enlever les signes religieux de la chapelle pour lui donner une vocation de recueillement multiconfessionnel, Carol Bernier a alors entrepris sa nouvelle mission.

«L’idée était davantage de travailler l’ambiance et l’énergie générale que de mettre en évidence mes œuvres. C’est clair que je voulais offrir des œuvres pour remplacer les signes religieux, parce que pour moi des œuvres d’art peuvent aussi être un support au recueillement. Ça peut aussi remplir ce rôle-là.»

«Je trouve ça important que les œuvres ne soient pas très descriptives et très typées, explique Carol Bernier. En ce sens, elles sont là comme support, comme accompagnement et comme miroir pour les gens qui vont s’en servir pour se recueillir. Les œuvres, ce sont aussi des miroirs pour les gens qui regardent. On se projette, on ressent des choses, on voyage dans les œuvres – surtout les œuvres abstraites. Ça va donc être une façon pour moi d’accompagner les gens.»

Une œuvre de résilience

Le nouveau centre de recueillement de l’hôpital Notre-Dame est maintenant ouvert depuis le début de l’année 2013. En plus de faire don de six de ses œuvres, Carol Bernier a également mis sur pied une campagne de financement qui a permis de mener le projet à terme.

«Avoir utilisé cet événement pour revenir à ma création et en faire une œuvre pour aller vers la société, ça a été vraiment pour moi une façon de transformer du métal en or, conclut l’artiste. C’est de la résilience, c’est ma façon d’être résiliente là-dedans, et c’est aussi une façon de donner encore plus de sens à mon travail. Car faire des œuvres, les exposer dans une galerie et les vendre, c’est une chose. Mais penser que des œuvres peuvent servir à accompagner des gens dans un moment comme celui que j’ai vécu, ça prend un sens encore plus extraordinaire.»