Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Sommes-nous trop propres ?

Émission du 7 février 2013

On constate depuis plusieurs années une augmentation considérable des cas d’asthme et d’allergies, au Québec tout comme dans plusieurs pays industrialisés. Au Québec en particulier, il semble que les cas d’asthme ont doublé dans les 10 dernières années. Toutes les autres formes d’allergies – rhinite allergique, allergies alimentaires, etc. — ont également augmenté.

Parmi les multiples raisons qui ont été évoquées pour expliquer cette fulgurante augmentation, on retrouve notamment l’hypothèse hygiéniste, selon laquelle on serait aujourd’hui «trop propres» et trop aseptisés. Cette théorie soutient qu’avec les conditions de vie actuelle, nos enfants souffriraient moins d’infections, ce qui affaiblirait ou modifierait leur système immunitaire et les amènerait à souffrir davantage de diverses formes d’allergies.

Cette hypothèse est toutefois de plus en plus remise en question. Des recherches scientifiques la démentent, en soutenant notamment que la diminution des infections les plus importantes (comme la tuberculose et le choléra) qui est venue avec le développement des infections sanitaires modernes (eau potable, toilettes, égouts) eut lieu bien avant cette hausse des allergies.

Une autre hypothèse apparentée soulève toutefois un certain intérêt, celle des «vieux amis les microbes». Selon cette hypothèse, le développement de la vie moderne nous a amenés à nous séparer de microbes qui étaient autrefois présents dans la nature et qu’on intégrait à notre flore intestinale par l’alimentation, à l’époque paléolithique. C’est donc une thèse qui touche à la question du fameux microbiome dont on va de plus en plus entendre parler dans les prochaines années. Ce serait peut-être ces changements qui auraient davantage modifié notre système immunitaire que le contrôle quotidien des infections.

Si cette nouvelle hypothèse s’avère fondée, difficile de voir comment on pourra régler ce problème, car il est certain que nous ne retournerons pas à l’époque paléolithique. Est-ce que les recherches scientifiques permettront de développer des vaccins avec des microbes potentiellement bénéfiques? Peut-être, mais on est encore loin d’en voir le résultat.