Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Devrait-il y avoir un plus grand nombre de défibrillateurs dans les endroits publics ?

Émission du 21 février 2013

Expert invité :

Michel Viau, Infirmier et formateur-maître, Fondation des maladies du cœur

On a tous vu des reportages, ou encore dans la série télévisée ER, des médecins qui électrocutent littéralement un patient avec un défibrillateur cardiaque pour le réanimer. Mais saviez-vous que ces fameuses machines sont maintenant disponibles dans certains endroits publics et que la conception des plus récents modèles permet à un plus grand nombre de personnes de s’en servir en toute sécurité et ainsi sauver des vies?

Défibrillateur externe automatisé

Jean-Claude Meunier, Jean-Louis Edler et Gabriel Martin, tous trois agents de sécurité au 1000 de la Gauchetière à Montréal ont eu toute une frousse lorsqu’ils ont été appelés pour venir en aide à un homme qui s’était écroulé à l’entrée de l’immeuble, victime d’un arrêt cardiaque. Heureusement, ils ont pu utiliser un défibrillateur externe automatisé pour le réanimer avant l’arrivée des services d’urgence.

Les défibrillateurs externes automatisés (DEA) sont encore peu connus au Québec. De quoi s’agit-il? D’un appareil qui surveille les battements cardiaques et administre une décharge électrique au cœur pour rétablir le rythme cardiaque, très facile à opérer pour les personnes qui ont suivi la courte formation de base nécessaire à son utilisation.

Pour Michel Viau, infirmier et formateur-maître à la Fondation des maladies du cœur, il est clair que ce type d’appareil peut sauver des vies. «Au Canada, il y a 45 000 arrêts cardio-respiratoires par année, ce qui veut dire environ 1 aux 100 minutes. Si on fait des manœuvres de réanimation chez une personne, on a environ 5 % des chances de la sauver. Par contre, si on ajoute un défibrillateur aux manœuvres de réanimation, les chances de la sauver sont de 75 % et même plus. Si on avait un plus grand nombre d’appareils DEA dans les lieux publics au Québec, on pourrait certainement sauver plus de vies.»

Simples à utiliser

Même s’il peut être très troublant pour la majorité des gens de devoir envoyer un choc électrique à une personne inconsciente, les appareils DEA sont très simples à utiliser puisqu’ils donnent les consignes à voix haute. En suivant ces consignes pas à pas, il suffit en fait d’appliquer les deux électrodes au bon endroit sur le thorax, puis laisser l’appareil faire son évaluation et analyser le rythme cardiaque. Si le DEA détecte un rythme défibrillaire, il va se charger et demander à l’utilisateur d’appuyer sur le bouton pour donner le choc.

La procédure à suivre : les conseils de Michel Viau

– Intervenir le plus vite possible : «À chaque minute qui passe, pour la victime qui est au sol, on perd 10 % de chances de lui sauver la vie. Plus vite on intervient, plus vite on ramène le compteur à zéro et plus on va avoir de chances de la réanimer.»

– Appeler le 911

– Commencer le massage cardiaque immédiatement : «Même si vous n’avez pas pris de cours, placez vos mains au centre de la poitrine et commencez le massage cardiaque.»

– Ne pas craindre de faire mal à la personne : «Si la personne est en arrêt cardiaque, elle est cliniquement morte. Elle n’a pas de pouls, pas de respiration : faites des compressions, vous ne pouvez pas la blesser, ni lui faire mal. Mieux vaut faire quelque chose pour la victime que ne rien faire du tout.»

– Suivre le rythme de 100 compressions à la minute : pour ne pas vous tromper, rappelez-vous le rythme de la chanson Staying Alive : c’est un rythme de 100 à la minute.

– Demander à quelqu'un d'aller chercher l'appareil DEA : le système fait lui-même son analyse et la machine va vous dire quand donner le choc. Ne vous surprenez pas que la personne sursaute en recevant le choc, c’est normal. C’est le courant électrique qui passe au travers du corps de la victime et qui amène les muscles à se crisper. Ce n’est toutefois pas une garantie que la personne soit réanimée pour autant.

L’appareil ne donne pas de choc si le patient n'en a pas besoin : Le DEA va évaluer le rythme cardiaque de la personne au sol et donner un choc seulement s’il s’agit d’un rythme défibrillaire, il va donc se charger et demander à l’utilisateur de donner le choc. On peut même donner le choc à un enfant d’un an.

Où trouver des appareils DEA?

À l’heure actuelle, on trouve encore peu d’appareils DEA dans les lieux publics québécois. En 2012, la Fondation des maladies du cœur a déjà placé 52 défibrillateurs dans son programme d’accès à la défibrillation, on pourrait certainement faire beaucoup plus avec un peu de volonté gouvernementale. À preuve, chez nos voisins ontariens, le gouvernement a décidé d’investir massivement dans un programme de prévention et on en trouve plus de 3000 dans les lieux publics.

Sachez malgré tout que ce type d’appareil se retrouve habituellement dans des endroits où il y a beaucoup d’affluence : les centres d’achats, les centres sportifs, les arénas, les hôtels de ville… Certains particuliers en achètent également pour leur usage personnel (entre 1500 $ et 3500 $ selon le type d’appareil acheté). Il est toutefois recommandé que les gens suivent un cours avant d’utiliser le défibrillateur, soit la formation minimale de 30 minutes ou le cours conventionnel de 4 heures.

Pour en savoir plus, visitez le site de la Fondation des maladies du cœur