Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Sommes-nous prêts à faire face au virus du Nil ?

Émission du 14 mars 2013

Experts invités :

André Dallaire, Pathologiste, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal

Francis Milord, Médecin-conseil, Institut National de Santé Publique du Québec

Il y a une quinzaine d’années, on ne connaissait rien ici du virus du Nil occidental. Il sévissait uniquement en Afrique et au Moyen-Orient. Le premier cas sur notre continent a été rapporté en 1999 dans la région de New York. Le virus a-t-il été transporté en avion par des moustiques ou des oiseaux? On ne le sait pas exactement. Mais ce qu’on sait par contre, c’est qu’il est de plus en plus présent en Amérique du Nord. Assez pour que ce soit préoccupant…

2012 : une année record

Pathologiste à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, André Dallaire sait très bien de quoi il parle, quand il parle du virus du Nil : il a lui-même été piqué par un moustique porteur du virus à l’été 2012, alors qu’il courait dans un parc près du campus universitaire.

Il faut dire que l’été 2012 représente une année record en termes de contamination au virus du Nil : selon Francis Milord, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec, environ 10 000 Québécois ont probablement été infectés au cours de cette année 2012. «Mais de ces 10 000 personnes, 80 % n’ont pas eu de symptômes et dans près de 20 % des cas, la majorité des symptômes sont des symptômes généraux d’infection : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, faiblesse, fatigue générale…»

Dans environ 1 % des cas, toutefois, les symptômes sont plus importants que ceux d’une simple grippe et touchent le système nerveux : troubles de mémoire, problèmes de concentration, problèmes de coordination motrice, paralysie d’un membre… Il faut toutefois une analyse sanguine pour déterminer qu’il s’agit bel et bien d’une infection au virus du Nil.

Pas de traitement, sauf le temps…

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement précis contre le virus du Nil, précise Francis Milord. Mais heureusement, le corps réussit généralement à se débarrasser du virus après un certain temps.

«Par contre, il peut rester certains dommages, poursuit-il, par exemple au niveau du système nerveux et il pourrait persister certaines séquelles, comme une faiblesse d’un membre ou un manque de coordination.»

Dans certains cas exceptionnels, soit environ 5 à 9 % des cas où les symptômes atteignent le système nerveux, le virus du Nil peut mener au décès de la personne infectée. Au Québec en 2012, 3 décès seraient attribuables à ce virus. Pour la même année, aux États-Unis, 41 décès ont été répertoriés.

«C’est une nouvelle réalité à laquelle il faut s’habituer, soutient le Dr Milord, et il faut dans ce sens prendre des moyens pour s’en protéger, surtout si on a nous-mêmes un problème de santé, ou si on est une personne plus âgée, car les risques de maladies graves sont plus élevés chez ces personnes.»

Oiseaux infectés sous observation

Dans la salle de nécropsie de la Faculté de médecine vétérinaire, André Dallaire et son équipe font l’autopsie d’oiseaux morts qui leur ont été apportés. Réalisées dans le cadre d’un programme de détection et de surveillance du virus influenza, ces autopsies ont permis de constater qu’en 2012, le virus du Nil a commencé son activité au début du mois d’août et qu’il a tout particulièrement touché les corvidés et les oiseaux de proie.

Malheureusement, aucun programme ne vise actuellement à surveiller avec précision l’évolution du virus du Nil au Québec, comme ce fut le cas au début des années 2000 lors de l’arrivée du virus.

Quelques mesures de prévention

Le virus du Nil est très actif aux États-Unis et il migre vers le Nord en raison des changements climatiques. Le sud du Québec représente donc une zone à risque. Pour éviter la prolifération des moustiques vecteurs de ce virus, Francis Milord et André Dallaire rappellent quelques règles de base :

– éviter de laisser des eaux stagnantes s’accumuler sur votre propriété (dans une piscine non entretenue ou un baril d’eau par exemple)

– se protéger des piqûres de moustiques, notamment en se couvrant davantage le matin et à la brunante, lorsque les moustiques sont plus actifs.