Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Des médicaments dans le fleuve

Émission du 14 mars 2013

On retrouve des quantités non négligeables de médicaments dans l’eau du fleuve, non pas parce que ces produits ont été jetés dans les toilettes, mais parce qu’ils ont été éliminés dans l’urine et les selles des humains sans être retenus par la station d’épuration des eaux usées.

Professeur au département de chimie de l’Université de Montréal, Sébastien Sauvé a réalisé des études sur cette problématique. En 2009, il avait déjà démontré que des moules changeaient de sexe en raison de leur exposition aux hormones rejetées dans l’eau.

Après cette étude, Sébastien Sauvé a eu l’idée d’élever des poissons dans des bacs d’eau à laquelle il a ajouté une certaine quantité d’effluents d’usine d’épuration, pour recréer les milieux qu’on retrouve dans le fleuve à proximité des sites de déversement. Cette expérience a permis de démontrer que le cerveau et le foie des truites contiennent des quantités significatives d’antidépresseurs qui modifiaient l'activité cérébrale des poissons, ainsi que d’autres médicaments (anti-inflammatoires, antibiotiques, etc.)

L’eau potable

Étant donné que l’eau potable consommée par 50 % de la population du Québec provient du fleuve St-Laurent, ces résultats sont inquiétants. Il faut par contre retenir que l’eau du fleuve avoisinante des usines d’épuration étudiée par Sébastien Sauvé n’est pas l’eau qui coule des robinets. L’eau potable est puisée très loin de la rive, à des endroits profonds où il y a beaucoup de courants. Les concentrations de médicaments y sont donc moindres. En théorie, il n’y a donc pas lieu de s’alarmer outre-mesure des risques que ces médicaments présents dans l’eau peuvent représenter pour la santé humaine.

Mais tout de même, ces constats scientifiques sont inquiétants et donneront certainement lieu à de nouvelles recherches. Par contre, des pistes de solution existent : l’ozonation de l’eau permettrait notamment de filtrer ces résidus de médicaments qui, à l’heure actuelle, traversent directement l’usine de filtration des eaux usées. La Ville de Montréal se dirige actuellement vers cette voie et si la tendance se maintient, un système d’ozonation devrait être mis en place autour de 2015.

Et bien sûr, une diminution globale de notre consommation de médicaments serait certainement une avenue intéressante, et à bien des égards d’ailleurs.