Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

Mission Sourires d'Afrique : une équipe de Ste-Justine redonne le sourire à des enfants

Émission du 28 mars 2013

Mission Sourires d’Afrique est une opération qui regroupe une quarantaine de personnes, toutes bénévoles et reliées au milieu médical, qui se rendent dans divers pays d’Afrique pour effectuer des chirurgies chez des enfants qui sont nés avec des fentes labio-palatines, qu’on appelle communément «becs de lièvre».

S’ils ne sont pas opérés, ces enfants n’ont vraiment pas la vie facile, notamment parce que leur entourage les rejette, les croyant possédés d’une malédiction. Leurs parents les cachent et ne les envoient pas à l’école. C’est pourquoi Mission Sourires d’Afrique débarque chez eux et leur redonne la vie, par le sourire.

Réparer les sourires brisés

Pierre angulaire et instigatrice de Sourires d’Afrique, la chirurgienne Louise Caouette-Laberge parle de cette mission avec passion. Chef du service de chirurgie plastique au CHU Sainte-Justine et professeure à l’Université de Montréal, la Dre Caouette-Laberge et son équipe ont traversé six fois l’Atlantique depuis 2007 pour aller redonner le sourire à des enfants, ou parfois des adultes, nés avec des fissures labio-palatines. L’objectif pour chaque mission : opérer environ 65 enfants en une dizaine de jours.

Les «becs-de-lièvre» sont aujourd’hui extrêmement rares chez nous, car les enfants qui naissent avec ce handicap sont rapidement pris en charge par le système de santé et opérés dès l’âge de trois mois, ce qui n’est pas du tout le cas en Afrique.

Mais de quoi s’agit-il exactement? En fait, la fissure labio-palatine est une malformation qui consiste en une séparation de la lèvre pouvant aller jusqu'à la narine, associée à une séparation dans la gencive et le palais. Cette séparation affecte soit l'avant du palais derrière la gencive, soit l'arrière du palais jusqu’à la luette, soit tout le palais. On dit que la fissure est complète quand elle couvre toute la lèvre jusqu'à la narine ou tout le palais. On dit qu'elle est incomplète quand elle ne couvre qu'une partie de la lèvre ou du palais.

Des chirurgies assez simples

Lorsque la mission Sourires d’Afrique débarque dans un pays comme le Mali ou le Burkina Faso, l’équipage est chargé comme une véritable caravane. Mais une fois sur place, la correction de la fissure labio-palatine représente une chirurgie assez simple à réaliser, surtout pour une professionnelle d’expérience comme la Dre Caouette-Laberge.

Ici, au Québec, les enfants opérés pour une fissure labio-palatine sont immédiatement suivis par toute une équipe multidisciplinaire, constituée notamment de dentistes, d’ORL et d’orthophonistes. Ce suivi ne sera malheureusement pas aussi complet en Afrique, mais la Dre Caouette-Laberge ne s’en inquiète pas outre mesure, car elle sait d’expérience qu’il est de loin préférable d’avoir au moins une opération pour refermer les lèvres que de ne rien faire du tout. Car, en bout de ligne, c’est toute la vie de l’enfant qui s’en retrouvera métamorphosée, puisqu’en retrouvant le sourire, il pourra réintégrer sa place dans la communauté et découvrir les joies de mener une vie sociale normale.

Des compromis

Dans des pays aussi pauvres, l’équipe médicale doit aussi faire certains compromis, en opérant par exemple des enfants qui ont un taux de fer plus bas que lla norme ici. Car autrement, ils ne pourraient pas opérer un seul enfant!

Lors de ces séjours en pays étrangers, l’équipe doit également faire des efforts pour s’adapter à la culture et aux pratiques locales. Lucie Ferland, infirmière clinicienne, nous raconte que lors des premières missions, elle s’était sentie moins confortable dans les contacts avec le personnel local, car elle avait l’impression que l’équipe arrivait «avec ses gros sabots». Mais, avec le temps, elle a modifié ses manières de faire pour accroître la collaboration avec l’équipe locale et respecter davantage la culture des patients.

Parfois des adultes

Dans certains cas, l’équipe de Sourires d’Afrique effectue des opérations sur des adultes. La Dre Caouette-Laberge se souvient d’ailleurs avec émotion d’une grand-mère qui avait choisi de se faire opérer, car elle faisait peur à ses petits-enfants. Quelle délivrance de se faire réparer les lèvres, après avoir passé toute une vie à faire fuir les gens!

Pour ces adultes qui retrouvent le sourire après s’être si longtemps cachés, c’est souvent une immense joie de pouvoir sortir librement. Certains se réjouissent de pouvoir commencer à aller au marché ou dans les espaces publics sans crainte, tandis que d’autres jubilent à l’idée de finalement pouvoir envisager de se marier.

Un transfert de connaissances

En plus des chirurgies réalisées sur place lors de son passage dans ces pays étrangers, la Dre Caouette-Laberge tient à profiter de cette expérience pour transférer son expertise au personnel médical local. Certains chirurgiens locaux pourront ensuite pratiquer ces opérations gratuitement, grâce au financement d’organismes internationaux.

Louise Caouette-Laberge apprécie vraiment ce mode de fonctionnement, car en sachant que des chirurgiens locaux peuvent maintenant travailler de manière autonome, elle a ensuite la liberté de diriger la prochaine mission vers un autre pays. «Mon but, c’est d’aller ailleurs, conclut-elle, de rendre autonomes les endroits où on est allés, comme ça je vais pouvoir aller ailleurs, car il y a toujours des besoins.»

Informations supplémentaires

Certains pays ont une plus grande prévalence de cas de fissures labio-palatines. C’est notamment le cas de la Chine, avec 1 naissance sur 700, comparativement à 1 naissance sur 1000 chez les Caucasiens. En Afrique, en termes de proportions, c’est encore plus rare, puisqu’on parle d’une naissance sur 1500. Mais comme les enfants y sont très nombreux et les soins médicaux infiniment moins disponibles, l’aide de la mission Sourires d’Afrique s’avère fondamentale.

Trois hôpitaux montréalais sont impliqués dans cette mission : l’hôpital Ste-Justine, l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et l’hôpital de Montréal pour enfants. Tous les participants de cette mission réalisent leur propre campagne de financement, car ils ne bénéficient que de très peu de soutien extérieur. Chaque mission coûte environ 80 000 $.

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur la mission Sourires d’Afrique ou pour savoir comment les encourager :

http://www.missionsouriresdafrique.com