Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

La course à pied, une bonne idée pour se remettre en forme ?

Émission du 12 septembre 2013

La course à pied connaît un essor de popularité sans précédent. Mais plusieurs débutants adoptent ce sport sans précaution, alors que le risque de blessures est réel. Voici les conseils de nos deux experts invités.

Experts invités :

Jean-Yves Cloutier
Entraîneur conseil
Club d’athlétisme les Vainqueurs

Raymonde Fortin
Physiothérapeute
Thérapeute en chef
Délégation canadienne Jeux Olympiques Sotchi 2014

Conseil numéro 1 : consulter un médecin ou un spécialiste du sport avant d’entamer un programme de course à pied.

Un bilan biomécanique avec un physiothérapeute est une excellente façon de vérifier si une personne est prête à commencer la course à pied. Il faut comprendre que les adultes traînent souvent avec eux une longue histoire musculo-squelettique, parsemée d’entorses, de fractures, d’accidents de voiture ou de vélo… Tous des incidents qui ont un impact sur la « carrosserie » du corps et qui peuvent causer des problèmes lorsqu’on entame un programme de remise en forme.

Lors de ce bilan, le physiothérapeute va vérifier comment la personne court ou marche, en plus d’effectuer des tests manuels. Au besoin, il va prescrire un programme d’exercices pour aider le corps à se préparer aux mouvements spécifiques de la course à pied.

Il faut savoir que les humains étaient autrefois beaucoup plus aptes qu’aujourd’hui à courir, mais que la sédentarité nous a en quelque sorte « désadaptés ». « C’est sûr qu’on était autrefois adaptés à courir de très grandes distances, explique Raymonde Fortin, mais depuis 50 ans, on commence à se désadapter à faire de la course parce qu’on passe beaucoup plus de temps assis qu’à marcher et à courir. En une génération, on est en train d’en perdre beaucoup. Mais en fait, on a été construits pour ça. »

Conseil numéro 2 : laisser le temps au corps de s’adapter.

Par excès d’enthousiasme, plusieurs nouveaux coureurs se lancent sur la rue et commencent à courir sans suivre un programme progressif. Raymonde Fortin nous met en garde contre cette imprudence, car si on ne laisse pas le temps au corps de s’adapter aux nouveaux mouvements, on risque de se blesser et de devoir arrêter l’entraînement, parfois pour plusieurs semaines d’inactivité. Au retour, il faudra à nouveau reprendre le programme d’adaptation de départ.

Conseil numéro 3 : y aller progressivement

Avant de courir véritablement, il faut s’assurer de pouvoir marcher assez vite et assez longtemps sans problème. Pour Jean-Yves Cloutier, le barème à retenir est le suivant : pouvoir marcher rapidement entre 30 et 45 minutes 3 fois par semaine, pendant 6 à 8 semaines. « Lorsqu’on a atteint ce niveau de forme, on peut songer à commencer à courir. » Par la suite, les débutants peuvent s’entraîner à courir entre 10 et 20 minutes en continu et de ne pas dépasser le seuil de l’essoufflement.

Jean-Yves Cloutier suggère également aux coureurs de s’entraîner au minimum 3 fois par semaine, mais pas plus de 4 fois. S’ils souhaitent s’entraîner davantage, il est préférable de s’adonner à un autre sport les journées restantes.

Il faut également savoir que l’adaptation du corps se produit pendant les périodes de récupération, donc entre les entraînements, et non pas pendant l’activité en tant que telle. Une raison de plus pour ne pas verser dans le surentraînement.

Conseil numéro 4 : courir sur des surfaces molles

Contrairement à une croyance populaire, la course à pied ne provoque pas d’arthrose précoce et entraîne de nombreux bénéfices pour le corps humain, comme la prévention de l’ostéoporose.

Il est toutefois préférable de courir sur des surfaces molles, comme de la poussière de roche ou de la pelouse plutôt que sur le béton des trottoirs. Le choix des chaussures est également important.

Bonne course!