Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

DSM-5, une sortie tout en controverse

Émission du 19 septembre 2013

Le DSM est le manuel de référence en psychiatrie. C’est un peu « la bible » des troubles mentaux. Une nouvelle édition, la cinquième, est parue il y a quelques mois. Cette publication est le fruit de 14 ans de travail par 1 500 chercheurs. La facture : 25 millions de dollars, défrayés par l’Association américaine de psychiatrie.

Le DSM est un grand répertoire qui classifie tous les diagnostics de troubles mentaux et leurs symptômes. Publié depuis 1952, ce répertoire suscite régulièrement critiques et controverses à chaque nouvelle publication. Cette année, les critiques ont toutefois été plus virulentes que jamais et plusieurs accusent le DSM-5 de vouloir médicaliser tous les états d’âme. À titre d’exemple, entre la première et la cinquième édition, le nombre de diagnostics a quadruplé. De nouveaux diagnostics voient le jour, tandis que d’autres sont élargis pour inclure des états d’âme qui n’étaient pas autrefois vus comme de véritables troubles mentaux. À l’inverse, certains diagnostics disparaissent avec le temps – comme l’homosexualité qui était autrefois perçue comme une maladie mentale.

Parmi les détracteurs du DSM, on retrouve certaines personnes très puissantes, notamment Boris Cyrulnik qui avait dirigé la 3e édition et s’est dissocié de la 4e édition, ainsi qu’Allen Frances qui avait dirigé la 4e édition et qui conteste aujourd’hui la 5e. Il ne s’agit donc pas de détracteurs qui s’opposent à tout ce que pourrait publier l’Association américaine de psychiatrie.

Allen Frances, et il n’est pas le seul, dénonce notamment l’influence que certaines compagnies pharmaceutiques ont sur la publication des nouveaux diagnostics, simplement en vue de favoriser le développement commercial de leurs produits.

Aussi reconnu soit-il, il faut toutefois préciser que le DSM n’a pas de valeur légale en soi. Il est par contre souvent utilisé comme référence par les avocats et les compagnies d’assurance, lors du règlement de certains litiges touchant aux troubles mentaux.