Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Rosalie-Jetté, une école pour les mères adolescentes

Émission du 3 octobre 2013

Dans les années 1980, on a assisté à une véritable explosion des naissances chez les mères adolescentes : environ 10 000 naissances par année. Heureusement, depuis le milieu des années 1990, ce nombre a diminué de près de moitié. Malgré tout, on compte encore chaque année environ 4 000 jeunes filles de 14 à 19 ans qui deviennent mères. Et encore de nos jours, la réalité des filles-mères est très difficile, puisqu’elle mène souvent à l’isolement social, au décrochage scolaire et à la pauvreté.

À l’échelle provinciale, il existe très peu de services pour venir en aide à ces jeunes mères. Mais dans un quartier de l’Est de Montréal, l’école Rosalie-Jetté fait figure d’exception en offrant un programme scolaire taillé sur mesure pour les jeunes filles enceintes ou nouvellement mamans.

Un bébé à 15 ans

Noémy Ouimet n’avait que 15 ans lorsqu’elle est tombée enceinte. Il va sans dire que la nouvelle l’a prise par surprise, d’autant plus qu’elle n’avait fait l’amour que deux fois, avec son premier grand amour. Incapable de s’avouer la vérité, elle est demeurée dans le déni plusieurs semaines jusqu’à ce que sa mère la force à se rendre à l’évidence. Après une longue réflexion, incapable d’accepter l’idée d’un avortement, elle décide de garder son enfant, malgré les nombreuses mises en garde de ses parents et de son entourage.

En prenant une telle décision, Noémy Ouimet était bien consciente qu’elle devrait faire d’immenses efforts pour subvenir aux besoins de son enfant. Bien résolue à poursuivre ses études malgré tout, elle ne se sentait toutefois pas à l’aise de demeurer à son école, craignant le jugement des autres étudiants. Informée de l’existence de l’école Rosalie Jetté, elle a immédiatement entrepris les démarches pour s’y inscrire.

Une école exceptionnelle

Pour Noémy, l’entrée à l’école Rosalie-Jetté a représenté une véritable planche de salut. «Si je n’avais pas connu cette école, je suis certaine à 95 % que je n’aurais pas terminé mon secondaire, parce que je n’aurais pas eu la force de continuer avec tous les jugements et les regards des autres. Je me serais certainement renfermée sur moi-même et je n’aurais pas continué, c’est certain.»

«Au début, je ne savais pas que l’école Rosalie-Jetté existait, mais quand j’ai vu que j’avais la chance de continuer, je me suis dit que j’irais jusqu’au bout et que ma chance, j’allais la prendre.»

L’une des particularités de cette école, c’est que les jeunes filles ont la chance de prendre un «congé d’accouchement» et de reprendre leurs études, à leur retour, exactement là où elles avaient arrêté. En plus des cours académiques réguliers, les étudiantes ont également la chance de suivre toute une série d’ateliers particuliers, comme des cours prénataux et post-nataux, des cours sur la psychologie de l’enfant ainsi que des cours de cuisine. Elles peuvent également compter sur le soutien d’intervenantes spécialisées, comme des travailleuses sociales, ainsi que sur un service de garderie.

Malgré tous ces services, il va sans dire que le quotidien de Noémy et de ses camarades de classe est très exigeant puisqu’elles doivent concilier leur vie de maman avec les contraintes des études. «Ma mère m’avait tout expliqué les pour et les contre, raconte Noémy, mais on dirait que sur le moment, c’était tellement magique, tellement beau, que j’imaginais ça trop beau dans ma tête. Je n’imaginais pas ça aussi difficile. Tu ne penses pas nécessairement à ça, qu’il faut que tu achètes des couches chaque mois, qu’il faut que tu achètes du lait pour ton enfant. Tu ne penses pas à ça sur le moment. Tu dis qu’un petit bébé c’est tellement beau, c’est tellement magnifique. Mais il y a tellement de responsabilités que tu dois prendre!»

Tournée vers l’avenir

Aujourd’hui, Noémy veut redonner à d’autres ce qu’elle a reçu. Acceptée au cégep en technique de travail social, elle a choisi de se consacrer aux autres : «Je veux devenir travailleuse sociale parce que j’ai eu la chance d’être aidée quand j’ai eu mon enfant. J’ai eu tellement de services et je suis tellement reconnaissante de ce que les gens m’ont donné que j’aimerais ça maintenant le transmettre aux autres. J’aimerais aider les autres comme j’ai pu être aidée.»

Informations supplémentaires

L’école Rosalie-Jetté accueille chaque année 45 jeunes filles, enceintes ou jeunes mamans. C’est la seule école du genre au Québec, mais il existe par contre des écoles secondaires qui offrent des programmes spécialisés.

Le site de l’école Rosalie-Jetté
http://rosalie-jette.csdm.ca/