Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Êtes-vous pilule ou granule?

Pourquoi existe-t-il différentes classes de médicaments pour traiter la douleur ?

Émission du 10 octobre 2013

Le saviez–vous? Jusqu’en 1930, on a utilisé un sirop à base de morphine, le sirop de madame Winslow, pour calmer les rages de dents des petits enfants et les faire dormir. C’est aussi ce qu’utilisaient les Égyptiens, il y a 4 000 ans, avec l’opium du pavot. On a donc fait bien du progrès dans le développement de médicaments contre la douleur, puisqu’on possède maintenant tout un arsenal thérapeutique pour la contrer.

Qu’est-ce que la douleur?

Pour définir la douleur, on peut dire qu’il s’agit d’une expérience sensorielle désagréable qui est associée à une agression tissulaire réelle (lorsqu’on coupe la peau, par exemple), ou potentielle (comme avoir peur avant même de subir l’agression).

Les chemins de la douleur

La douleur est l'aboutissement de perceptions et d'informations sensorielles qui cheminent en provenance de récepteurs situés dans notre corps. Ces influx douloureux nés de stimuli périphériques parcourent des fibres sensitives de la moelle épinière, sont relayés et modulés à plusieurs niveaux dans le système nerveux central avant d'aboutir au cortex où ils sont analysés et interprétés. Les médicaments antidouleur (antalgiques) jouent à divers niveaux de ce cheminement complexe.

La morphine

Historiquement, le premier médicament utilisé pour contrer la douleur est l’opium, issu du pavot. Au milieu du 19e siècle, on a commencé à extraire la morphine de l’opium. Encore aujourd’hui, la morphine est utilisée comme un antidouleur majeur. Toute une gamme de médicaments ont été développés à partir de la morphine : on les appelle les morphiniques ou les opioïdes.

Notre corps produit des morphiniques naturels, les endorphines qu’on appelle aussi des morphiniques endogènes. Les médicaments dérivés de l’opium se fixent sur les mêmes récepteurs, dans notre moelle épinière ou notre cerveau.

D’autres médicaments antidouleur

Cela peut permettre étonnant, mais votre médecin pourrait vous prescrire des antidépresseurs, des anticonvulsivants ou un antihypertenseur, même si vous ne souffrez ni de dépression, ni de convulsion ou d’hypertension.

Antidépresseurs :

Les antidépresseurs ont tout d’abord été utilisés sur des patients qui avaient mal et qui souffraient de dépression. On s’est alors aperçu que l’antidépresseur lui-même avait des propriétés antidouleur. On sait maintenant qu’ils jouent sur des neuromédiateurs comme l’adrénaline et la sérotonine, et qu’ils agissent sur le circuit qui descend du cerveau le long de la moelle épinière. Ces antidépresseurs peuvent être utilisés pour traiter la douleur aiguë et la douleur chronique, généralement à des doses plus faibles que celles utilisées dans le traitement de la dépression.

Anticonvulsivants :

Certains anti-épileptiques ou anti-convulsivants diminuent l’excitabilité des neurones impliqués dans le circuit de la douleur, ce qui leur confère des propriétés antidouleur. Ils peuvent eux aussi être utilisés dans la douleur chronique comme dans la douleur aiguë.

Antihypertenseurs :

La clonidine est un médicament qui a été développé pour lutter contre l’hypertension artérielle. Il agit tout spécialement sur les récepteurs de la noradrénaline dans le circuit de la douleur et c’est par ce mécanisme qu’il permet d’obtenir des effets antidouleur.

Le clin d’œil de Jean-Louis

En bref, il existe maintenant tout un arsenal de médicaments pour lutter contre la douleur. Mais, entre nous, ce n’est pas parce qu’on a tout un arsenal de médicaments contre la douleur qu’il faut passer son temps à se taper sur les doigts.