Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Peut-on être végétalien sans mettre sa santé à risque?

Émission du 21 novembre 2013

Le végétalisme est de plus en plus en vogue. Cette version «extrême» du végétarisme proscrit toute consommation de produits animaux et de dérivés de produits animaux. Il s’agit d’un régime assez sévère qui fait de plus en plus d’adeptes, si on en juge par le nombre de restaurants et de commerces végétaliens qui ouvrent leurs portes.
D’un point de vue nutritionnel, le végétalisme peut certainement apporter une alimentation tout à fait adéquate, mais il s’agit par contre d’un régime complexe qui présente de nombreux risques de carences. La vigilance est donc de mise lorsqu’on entame un tel régime afin de s’assurer de consommer toutes les sources de nutriments nécessaires au maintien d’une bonne santé.

Expert invité :

Marie-Josée LeBlanc, PhD
Nutritionniste, coordonnatrice
Extenso
Université de Montréal

Pour Marie-Josée Leblanc, les bénéfices du végétalisme ne font pas de doute lorsqu’il est suivi correctement. D’un point de vue nutritionnel, il s’agit d’un régime qui procure beaucoup de fibres, de vitamines (surtout les vitamines C, E et A), d’acide folique et de minéraux (magnésium, potassium, sélénium). Le régime végétalien est également riche en antioxydants et pauvre en gras, ce qui procure une forme de protection contre certaines maladies, comme le cancer et les maladies cardiovasculaires, en plus d’accroître la mémoire.

Attention

Par contre, souligne Marie-Josée Leblanc, en dépit de ces bénéfices indéniables, un régime végétalien peut entraîner certaines carences alimentaires lorsqu’il n’est pas suivi correctement : «Quand on est végétalien, il faut faire attention à la vitamine B12, car c’est une vitamine qu’on retrouve seulement dans les produits d’origine animale.»

«Les carences n’apparaissent toutefois pas du jour au lendemain, nuance Marie-Josée Leblanc. C’est souvent assez sournois et on ne s’en aperçoit pas. Ce sont aussi des symptômes qu’on peut retrouver dans d’autres conditions : des maux de tête, de la fatigue.»

Il faut également se méfier de la déficience en zinc qui augmente le risque d’infections ainsi que les difficultés à guérir des blessures. (Lyne : est-ce parce que le zinc favorise une bonne coagulation? Ça ne me semble pas clair…)

Pour contrer ces risques, faut-il opter pour des suppléments alimentaires? Marie-Josée Leblanc croit que c’est davantage nécessaire pour la vitamine D en hiver, en raison du manque de lumière, ainsi que pour la vitamine B12 pour ceux qui ne boivent pas de boisson végétale enrichie. Des suppléments en oméga 3 peuvent également s’avérer nécessaires pour ceux qui ne mangent pas suffisamment d’algues, car il est important de consommer des oméga 3 d’origine marine.

Des bienfaits scientifiquement démontrés

Certaines études ont déjà démontré que les végétariens et les végétaliens présentent moins de problèmes de poids, indique Marie-Josée Leblanc, ce qui entraîne un risque moindre de développer un diabète de type 2. Les végétariens et les végétaliens sont également moins touchés par les maladies cardiovasculaires; ils souffrent moins de tension artérielle élevée, d’infarctus et d’AVC. Idem pour un risque réduit de cancer. Malgré ces bénéfices démontrés, les études n’indiquent toutefois pas que les végétariens ou les végétaliens auraient des chances de vivre plus longtemps.

Ce qui est toutefois plus difficile à départir d’un point de vue scientifique, c’est le rôle réel de l’alimentation dans ces bénéfices, poursuit la nutritionniste : «On sait que les végétaliens sont souvent plus soucieux de leur santé. Ils fument moins, pratiquent plus d’activités physiques et ont de meilleures habitudes de vie en général. Alors, est-ce leur alimentation qui est vraiment responsable de ces bienfaits ou l’ensemble de leurs bonnes habitudes de vie? Les chercheurs se posent toujours la question, mais il est certain que le mode d’alimentation des végétaliens contribue au maintien d’une bonne santé.»

Quelques conseils

En conclusion, voici quelques conseils si vous souhaitez adopter un régime végétalien :

– comme dans tout régime, il faut privilégier la variété des aliments.
– se renseigner sur la nutrition pour avoir un certain nombre de connaissances en nutrition : il est par exemple important de connaître les principes de la complémentarité des protéines ou des aliments à privilégier ou à éviter pour maximiser l’absorption du fer

«Ce sont des connaissances qui peuvent faire toute la différence quand on est végétalien, conclut Marie-Josée Leblanc, et qui vont nous assurer de ne pas avoir de carences et vraiment satisfaire aux besoins.»

Ressource

Extenso
Centre de référence sur la nutrition de l'Université de Montréal