Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Êtes-vous pilule ou granule?

La vitamine C

Émission du 21 novembre 2013

Au Québec, le scorbut fait partie de l’histoire des fondateurs de la Nouvelle-France, puisqu’il a décimé de nombreux marins et colons lors des premières tentatives de colonisation. D’autres ont toutefois eu la chance d’être traités par des Amérindiens qui leur administraient une concoction à base de thuja et de pin. Les colons français ont ensuite découvert que le citron et l’orange étaient eux aussi très efficaces pour lutter contre le scorbut. Pourquoi? Parce qu’ils sont riches en vitamine C, une molécule qui a été isolée pour la première fois en 1937.

De nos jours, certains soutiennent que la consommation de hautes doses de vitamine C peut être bénéfique pour traiter certaines maladies, comme le rhume ou d’autres maladies plus graves. On doit cet engouement aux travaux de recherche de Linus Pauling, prix Nobel de chimie et prix Nobel de la paix. Mais en dépit de la double nobellisation de M. Pauling, cet usage de la vitamine C à forte dose demeure pour le moment très controversé dans la communauté scientifique. Cependant, une grande recherche clinique américaine se déroulant de 2005 à la fin de l’année 2013 a pour but d’étudier les effets de l’adjonction d’antioxydants, dont la vitamine C aux traitements de chimiothérapie… C’est donc une histoire à suivre.

Les sources de vitamine C

En attendant les conclusions de ces recherches, une chose est certaine : les êtres humains ne fabriquent pas de vitamine C par eux-mêmes. Il faut donc la puiser dans l’alimentation en favorisant des aliments riches en vitamine C comme les agrumes, les poivrons et les choux.

Il s’agit d’une vitamine hydrosoluble, c’est-à-dire qu’elle ne s’accumule pas dans l’organisme. Et l’organisme va éliminer par les reins toute la quantité de vitamine C non utilisée.

Les quantités de vitamine C dont nous avons besoin sont somme toute très réduites : 75 mg pour les femmes et 95 mg pour les hommes. À titre de comparaison, une orange contient 55 mg de vitamine C.

L’action de la vitamine C

Comme toute vitamine, la vitamine C agit à petites doses sur plusieurs systèmes de l’organisme, notamment sur les fonctions suivantes :

– la synthèse des hormones, des neuromédiateurs et des acides aminés
– le maintien de la fonction immunitaire
– le métabolisme des sucres, des graisses et du cholestérol
– l’absorption et le métabolisme du fer

Peut-on souffrir de carence en vitamine C?

Dans un pays développé comme le nôtre, la carence en vitamine C est relativement rare. Mais quand on manque vraiment de vitamine C, les symptômes sont les suivants :

– faiblesse musculaire
– modifications au niveau psychomoteur
Dans le cas d’un déficit important, on risque de développer le scorbut, comme les premiers colons de la Nouvelle-France.

Par contre, il faut savoir que les personnes qui prennent des anti-inflammatoires, de l’aspirine ou des contraceptifs oraux risquent de moins bien absorber la vitamine C.

À l’inverse, le surdosage en vitamine C est également assez rare, étant donné que les entrées et sorties de cette vitamine sont régulées par l’organisme. Dans de véritables cas de surdosage, on risque toutefois de voir apparaître des troubles digestifs et des douleurs intestinales.

La vitamine C contre le rhume?

Souvent utilisée à fortes doses pour contrer le rhume, la vitamine C n’aurait en réalité aucun effet préventif ou curatif lorsqu’elle est utilisée de cette façon. À petites doses, par contre, elle pourrait entraîner de légers effets sur la diminution des symptômes et la diminution de leur durée.

Il semble toutefois que la vitamine C pourrait être efficace afin de prévenir les infections respiratoires lors d’efforts physiques importants. Lors de la préparation d’un marathon par exemple, il peut être utile de prendre de 600 mg à 1000 mg.

En conclusion, la vitamine C est une vitamine indispensable au bon fonctionnement de notre organisme, mais en petite quantité. La consommation de fortes doses de vitamine C n’est pas une pratique qui fait actuellement l’unanimité dans la communauté scientifique.