Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Peut-on consommer un produit après la date de péremption?

Émission du 5 décembre 2013

Tout récemment, à l’automne 2013, l’ONU sonnait l’alarme au sujet du gaspillage alimentaire : un tiers de la production alimentaire mondiale se retrouve à la poubelle, un constat inacceptable quand on pense à tous les gens qui souffrent de la faim, près de chez nous ou dans d’autres pays du monde. Une grande partie de ce gaspillage s’explique par la date de péremption : les consommateurs ou les commerçants jettent des produits périmés, par crainte d’intoxications alimentaires. Or, il semble que de nombreux aliments qui sont en théorie périmés pourraient pourtant être mangés en toute sécurité.

Experts invités :

Annie Bélanger
Directrice générale
Moisson Laurentides

Ginette Bourgeois
Consultante, formatrice
Hygiène et salubrité

2,7 millions de kilos de denrées par année : voilà approximativement la quantité de nourriture qui transite chaque année par Moisson Laurentides, une organisation qui recueille des denrées comestibles, mais non commercialisables, pour les acheminer vers des organismes tels que des banques alimentaires, des centres d’entraide, des cuisines collectives, etc.

Dans certains cas, les produits ne sont pas commercialisables parce que les emballages sont abîmés, mais très souvent, c’est que la date de péremption approche ou est déjà dépassée. Pourtant, ces produits demeurent parfaitement comestibles. Sans l’intervention de Moisson Laurentides, ils iraient directement à la poubelle. Mais en dépit du fait que les produits sont techniquement «en fin de vie», tout est mis en œuvre pour s’assurer que les produits livrés aux consommateurs demeurent malgré tout parfaitement sécuritaires, assure la directrice Annie Bélanger.

«La date de péremption sert surtout à indiquer que le produit est à son maximum en termes de texture et d’odeur et que les valeurs nutritives sont vraiment exactes, explique Ginette Bourgeois, consultante en hygiène et salubrité. Mais même si la date de préemption est dépassée, ça ne veut pas dire qu’il y a un danger que la personne [qui va consommer le produit] va être malade.» Certains produits peuvent même être non seulement comestibles, mais également très savoureux, plusieurs mois après la date de péremption.

La vigilance demeure de mise

Certaines catégories de produits doivent toutefois être traitées avec beaucoup plus de prudence, souligne-t-elle, car ils comportent plus de risque d’être dangereux, soit les aliments qui contiennent beaucoup de protéines ainsi que ceux qui contiennent beaucoup d’eau (comme le melon). Les viandes, les poissons et les mets préparés qui sont périmés comportent par ailleurs un réel danger de toxi-infection alimentaire.

Les produits de conserverie endommagés par des problèmes qui peuvent faire couler le produit, ou bomber la conserve, peuvent aussi être dangereux, et Moisson Laurentides les élimine donc systématiquement. Et pour s’assurer que les produits demeurent sécuritaires, l’équipe de Moisson Laurentides s’assure de transporter et d’entreposer la nourriture à des températures adéquates, grâce à des camions et des entrepôts réfrigérés.

Des personnes plus à risque

Certaines personnes peuvent également être plus fragiles au risque de toxi-infection alimentaire, en raison de la faiblesse de leur système immunitaire : c’est notamment le cas des enfants, des aînés et des personnes dont le système immunitaire est affaibli. Il faut donc faire preuve d’encore plus de vigilance lorsqu’on offre des produits alimentaires dits «en fin de vie» à des personnes provenant de ces catégories.

Récupérer les aliments en fin de vie pour éviter le gaspillage

En dépit de ces mises en garde, il n’en demeure pas moins qu’une très grande partie des aliments dits «périmés» peuvent tout de même être consommés en toute sécurité. C’est pourquoi Moisson Laurentides récupère ces aliments afin de les faire parvenir à des personnes dans le besoin par l’entremise des organismes de bienfaisance ou des cuisines collectives. Et même si certaines entreprises se montrent encore hésitantes à léguer leurs aliments périmés, par crainte de toxi-infections alimentaires ou d’éventuelles poursuites judiciaires, Annie Bélanger et son équipe travaillent d’arrache-pied pour changer les mentalités et limiter le gaspillage, afin de s’assurer que le plus de personnes possible puissent chaque jour manger à leur faim.

Pour en savoir plus sur la conservation des aliments, consultez le site du MAPAQ.