Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Êtes-vous pilule ou granule?

Phytoestrogènes et ménopause

Émission du 9 janvier 2014

Certains produits de santé naturels destinés à atténuer les symptômes vasomoteurs de la ménopause – comme les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes – prétendent avoir des activités d’œstrogènes. D’origine végétale, on les appelle des phytoœstrogènes, mais cette dénomination peut induire en erreur. Pourquoi? Tout simplement parce que les phytoœstrogènes ne sont pas des œstrogènes.

Les œstrogènes…

Mais que sont les œstrogènes exactement? Il s’agit en fait d’hormones sécrétées par les ovaires. Et comme toutes les hormones, elles doivent se fixer sur des récepteurs afin de déclencher des actions dans toute une gamme de systèmes physiologiques.

Pour remplacer l’action de ces œstrogènes, lorsque la ménopause pointe le nez, et souvent par crainte des effets potentiellement néfastes de l’hormonothérapie, certaines femmes choisissent de se tourner vers des phytoœstrogènes. Est-ce une bonne idée?

Des études épidémiologiques ont déjà démontré que les femmes asiatiques qui consomment beaucoup de phytoœstrogènes par leur alimentation, surtout par le soja, ressentent moins les effets de la ménopause ou sont moins à risque de développer un cancer du sein. Mais il faut faire preuve de prudence en citant ces études, car il faut savoir que ces femmes ont été exposées très tôt, avant la puberté, à des doses importantes de phytoœstrogènes par leur alimentation très riche en soja. Les femmes d’Amérique du Nord ne sont pas du tout dans la même situation et ces études ne s’appliquent qu’aux femmes asiatiques vivant en Asie.

… et les phytoœstrogènes

Les phytoœstrogènes sont des molécules d’origine végétale qui se fixent sur les récepteurs aux œstrogènes – et qui prennent donc la place des œstrogènes –, mais il faut savoir qu’ils sont 100 fois ou 1000 fois moins actifs.

Il existe deux types de phytoœstrogènes : les isoflavones et les lignanes. Les isoflavones représentent la catégorie la plus importante et on les trouve essentiellement dans le soja et tous les produits issus du soja, soit le tofu et toutes ses déclinaisons comme le miso et autres préparations contenant du soja. On les trouve aussi dans le trèfle rouge et dans une plante qui ressemble au trèfle et qu’on appelle le kuzu. Les lignanes se retrouvent quant à elles essentiellement dans les graines de lin.

Il est également important de savoir que les phytoœstrogènes peuvent agir comme des œstrogènes ou comme des antiœstrogènes. Si vous êtes une femme préménopausée, et qui a encore des concentrations d’œstrogènes circulant dans le sang, il peut y avoir une compétition au niveau des récepteurs entre les vrais œstrogènes et les phytoœstrogènes. Ces phytoœstrogènes étant moins actifs, on obtiendra donc une activité antiœstrogène. Par contre, si vous êtes une femme ménopausée avec pratiquement plus ou plus du tout d’activité d’œstrogènes, alors dans ce cas, les phytoœstrogènes vont se fixer sur le récepteur et manifesteront une faible activité œstrogénique.

Alors que faire? Prendre ou ne pas prendre des phytoœstrogènes pour lutter contre la ménopause? Il faut savoir qu’il n’y a pas deux ménopauses identiques : le traitement qui fonctionne chez votre voisine ne fonctionnera pas nécessairement chez vous. Il est donc impératif de consulter un médecin pour bénéficier du traitement le plus approprié.

Les préparations de santé naturelle qui contiennent des phytoœstrogènes en quantité suffisante peuvent un peu aider à la thérapeutique conventionnelle. Mais là encore, il vaut mieux demander un avis officiel à votre médecin.