Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Entrevue avec le Dr Fernand Turcotte

Émission du 9 janvier 2014

Il existe actuellement un courant de pensée en médecine selon lequel le corps médical en fait trop : trop de médicaments, trop de traitements, trop de tests de dépistage. Il s’agit d’un mouvement qui prend de l’ampleur, dont l’une des figures de proue aux États-Unis est un médecin très connu et très respecté, le Dr Nortin Hadler. Celui-ci va même jusqu’à dire que le plus grand défi de la médecine moderne est, selon lui, la surmédicalisation. Au Québec, le porte-étendard de ce mouvement est certainement le Dr Fernand Turcotte, professeur émérite en médecine préventive et santé publique à l’Université Laval, notamment parce qu’il a traduit en français les livres du Dr Hadler. Notre animateur Georges Lévesque a rencontré le Dr Turcotte lors de la parution de la traduction d’un nouveau livre du Dr Hadler : Repenser le vieillissement.

Quelques idées centrales défendues par le Dr Nortin Hadler et le Dr Fernand Turcotte :

– vieillir est un processus naturel et non pas le résultat de différentes maladies qu’il faut soigner à tout prix.

– le soutien de la communauté est un facteur essentiel dans le vieillissement, beaucoup plus important que tout l’arsenal des soins qu’on peut retrouver dans les services de santé.

– le vieillissement n’a pas d’impact direct sur la hausse des coûts du système de santé; c’est la surmédicalisation des personnes âgées qui est plutôt à questionner.

– la médecine dite préventive n’est pas une approche appropriée pour les personnes du troisième âge; traiter les problèmes déjà existants est déjà amplement suffisant.

– le dépistage systématique du cancer de la prostate est une approche inefficace et contre-productive car elle cause plus de tort que de bien. Le dépistage ne permet pas de prévenir la mortalité par le cancer de la prostate. La très grande majorité des hommes de plus de 60 ans ont un cancer de la prostate, mais à peine 1 homme sur 1000 en mourra prématurément. Les 999 autres vont mourir avec leur cancer de la prostate, et non pas de leur cancer de la prostate.

La thèse défendue par le docteur Fernand Turcotte est sans équivoque : il faudrait complètement cesser de faire passer des tests de dépistage systématique de cancer de la prostate. Cette position peut sembler catégorique, mais elle est très sérieuse : c’est également la position soutenue par les médecins américains Nortin Hadler et Gilbert Welch, ainsi que par le National Cancer Institute aux États-Unis, la Société canadienne du cancer et le Collège des médecins du Québec. Tous sont unanimes pour dire que l’utilité des tests de dépistage du cancer de la prostate n’a pas d’efficacité scientifiquement démontrée et il vaudrait mieux y mettre fin.