Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Marye-Claude Belzile : de l'anorexie à la boulimie

Émission du 30 janvier 2014

La boulimie est un trouble alimentaire, au même titre que l’anorexie, et parfois la limite entre les deux est difficile à tracer. Certaines personnes vont d’ailleurs souffrir de l’une ou de l’autre en alternance. C’est le cas de Marye-Claude Belzile, une jeune femme qui a courageusement repris le dessus sur ces deux troubles alimentaires qui l’ont dominée pendant plusieurs années.

Âgée d’à peine 26 ans, Marye-Claude Belzile semble déjà avoir toute une vie derrière elle. Pendant des années, elle a lutté contre l’anorexie et la boulimie comme d’autres contre la toxicomanie. Preuve qu’elle est maintenant rendue à une tout autre étape de sa vie, elle offre maintenant des conférences dans les écoles secondaires dans lesquelles elle raconte le cauchemar qu’elle a traversé.

D’abord, l’anorexie…

La découverte de son homosexualité a été un point tournant dans son adolescence. Originaire de la petite ville de Baie-Comeau, elle savait qu’il lui serait difficile de se faire accepter socialement, et ce, même si ses parents étaient bien ouverts d’esprit. À l’âge de 13 ans, amoureuse d’une autre jeune fille, elle a résolument décidé de briser les ponts avec celle-ci par crainte de s’engager dans la voie de l’homosexualité. Ce fut pour elle le début de sa descente aux enfers : «Deux mois plus tard, je devais avoir perdu 50 livres.»

Avec le recul, Marye-Claude interprète ses premiers épisodes d’anorexie comme un refus total et une victoire sur les autres : «Je refusais tout. Je refusais ce qu’on me proposait, je refusais de devenir une femme, je refusais tout ce que je devais être socialement. Ça ne collait pas à ma personne. Et plus je me sentais maigre et mal, dans mes mouvements et dans ma peau, plus je me sentais proche de moi. Mais ce n’était jamais suffisant. Ce n’était jamais assez…»

… ensuite, la boulimie

À 17 ans, Marye-Claude a mis le cap sur Montréal. En quelques mois, elle a vécu une transition de vie très intense. Nouvellement en couple avec un jeune homme, elle se sentait maintenant aimée, ce qui l’a incitée à essayer de manger. Mais elle est malgré tout malheureuse dans son couple et elle sombre dans la boulimie : «Je bouffais mes émotions et je me faisais ensuite des séances intenses de crises boulimiques, pendant lesquelles je me purgeais pendant deux ou trois heures.»

Marye-Claude décrit ses épisodes de boulimie comme quelque chose de très violent. À l’opposé de l’anorexie qui se vit davantage dans le silence et la discrétion – même si les gens peuvent être choqués par l’apparence physique des anorexiques –, elle explique que les crises de boulimie sont beaucoup plus visibles, voire bruyantes. «Ça fait du bruit, la boulimie, parce qu’on se fait vomir et qu’on pleure. Ça paraît et ça se cache mal…»

«C’est un geste qui me fatiguait, décrit-elle, qui m’assommait, et qui me permettait de ne plus rien sentir ni penser… je m’engourdissais à me faire vomir.»

À l’opposé de l’anorexie où elle se sentait fière d’elle et superwoman, la boulimie lui générait des sentiments de honte, de lourdeur et de profonds inconforts… Elle se souvient notamment des moments où elle tentait de se faire vomir, mais sans succès, ce qui la forçait à garder à l’intérieur d’elle les énormes quantités de nourriture qu’elle venait d’ingurgiter. «Dans ce temps-là, tu passes les pires heures de ta vie, tu veux mourir…»

Retrouver le goût de vivre

Au plus profond de ces épisodes de boulimie, Marye-Claude n’en pouvait tout simplement plus de vivre ainsi, se sentant profondément inutile. Elle a commencé à sentir qu’il était maintenant temps de passer à une autre étape de sa vie : «Aujourd’hui, je suis ce que j’ai envie d’être. Ça marche bien et les gens autour de moi sont contents eux aussi! Alors, tant mieux…»

À retenir

– L’anorexie et la boulimie sont deux troubles alimentaires distincts, même si certaines personnes souffrent de l’un et de l’autre.

– La personne anorexique se prive volontairement de nourriture.

– La personne boulimique va avoir des rages de consommation excessive de nourriture, puis ensuite se purger pour compenser.

– Certaines personnes anorexiques peuvent avoir des accès périodiques de boulimie, mais chez qui l’anorexie est la composante prédominante.

– Contrairement aux personnes anorexiques qu’on voit souvent maigrir à vue d’œil, la boulimie ne laisse pas toujours transparaître de signes extérieurs visibles.

– La boulimie est un trouble alimentaire sérieux, mais elle n’est pas pour autant mortelle comme peut l’être l’anorexie.

Ressource

ANEB – Anorexie et boulimie Québec
www.anebquebec.com