Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Survivre à son adolescent infernal

Émission du 13 février 2014

L’adolescence est rarement un passage facile, pour les parents tout autant que pour les jeunes eux-mêmes. Mais certains vivent ce passage plus difficilement que d’autres. C’est tout particulièrement le cas de la famille de Michel Doyon et Claudette Lefebvre. Leur fils Jean-Philippe, aujourd’hui âgé de 23 ans, a vraiment traversé une crise d’adolescence hors du commun. Un témoignage qui fera certainement frémir tous les parents d’adolescents…

Tous les deux médecins, Michel Doyon et Claudette Lefebvre n’auraient jamais pu imaginer traverser un tel enfer. Pendant des années, ils ont vécu sur la corde raide en raison de toutes les frasques et les excès de leur fils Jean-Philippe. Marginal à l’excès, leur garçon ne leur donnait vraiment aucun signe qu’il réussirait un jour à se stabiliser et à surmonter ses difficultés.

Petit enfant globalement heureux, Jean-Philippe semblait pourtant avoir commencé sa vie dans la bonne direction. Particulièrement intéressé par les insectes, les dinosaures et les bestioles de tout acabit, il démontrait une vive intelligence et une grande curiosité. Mais ses parents ont toutefois remarqué assez rapidement qu’il était différent des autres enfants. Ses difficultés ont d’ailleurs débuté dès l’école primaire, puisqu’il ne réussissait pas à s’intégrer. C’est aussi au cours de cette période qu’il a commencé à vivre de l’exclusion. Un jour, il pend tous ses toutous en peluche dans sa chambre. Consternés, ses parents se rendent à l’évidence : Jean-Philippe a besoin d’aide. Soupçonnant qu’il s’agissait là de symptômes de dépression, ils entreprennent des démarches auprès d’un psychologue.

Chercher de l’aide, mais sans succès…

«À l’époque du secondaire, c’est devenu catastrophique, raconte Michel Doyon, surtout lorsque Jean-Philippe a commencé à changer son aspect vestimentaire, à se maquiller et à s’habiller dans un style gothique.» Un peu plus tard, Jean-Philippe a commencé à être fasciné par Marilyn Manson, icône de la musique de style death metal, dont il a adopté le style vestimentaire. Rien pour faciliter son intégration sociale. «Il s’est réfugié dans un monde artistique et dans un rôle très noir. C’est devenu sa carapace pour passer au travers de son adolescence», ajoute Claudette Lefebvre.

Bien décidés à tout faire pour aider leur fils, Michel et Claudette multiplient les démarches auprès de spécialistes. Psychologue, thérapeute familial, psychiatre : en dépit de toutes ces rencontres, aucune solution n’émerge pour aider Jean-Philippe et ses parents. Et à leur grande surprise, les deux parents se font répondre que puisqu’ils sont médecins, ils sont sûrement bien placés pour intervenir. Pourtant, ils sont tout aussi démunis que d’autres devant la souffrance de leur fils.

Au cours d’une courte période, Jean-Philippe a reçu un diagnostic de syndrome d’Asperger, qui fait partie du spectre de l’autisme. Mais après avoir rencontré un spécialiste, le diagnostic a été retiré, puisque Jean-Philippe ne présentait pas suffisamment de symptômes du syndrome. Mais pendant cette période, les deux parents reconnaissent que cette «étiquette» leur a apporté une certaine forme de réconfort, puisqu’ils avaient l’impression de mieux comprendre les racines des problèmes de leur adolescent.

L’enfer

Pendant des années, la famille Doyon-Lefebvre a réellement vécu l’enfer. Jean-Philippe sortait constamment, passait des nuits à l’extérieur sans que ses parents sachent réellement où il était. Impossible pour eux de prendre des vacances : ils devaient constamment assurer une surveillance parentale. À plusieurs reprises, Jean-Philippe est revenu à la maison blessé, après avoir subi des agressions violentes. «On essayait de le garder en vie, raconte son père, ce qui n’était pas toujours évident. On l’a même fait suivre par un garde du corps, après qu’il ait reçu des menaces de mort et se soit ramassé à l’hôpital, battu à coups de bâton de baseball et de bouteilles de bière. Beaucoup de notre énergie passait à tenter de le garder en vie.»

L’art comme planche de salut

En dépit de toutes ses difficultés, Jean-Philippe a réussi avec le temps à se stabiliser et à trouver sa voie. Non pas en terminant des études universitaires et en se trouvant un petit emploi rangé, mais en se réalisant dans une démarche artistique à son image, dans la musique death metal. Après des années de querelles familiales, il s’est également rapproché de ses parents qui ont appris à l’accepter tel qu’il est. «Aujourd’hui, je suis fier de mon fils, soutient Michel Doyon. Je suis fier qu’il ait décidé de rester en vie. Je crois qu’il a encore beaucoup de choses à faire au niveau artistique, encore beaucoup de choses à vivre et on a encore beaucoup de choses à vivre avec lui. Ça valait vraiment la peine de se tenir debout et de traverser le désert avec lui.»

«Pendant des années, je n’étais même pas convaincu qu’on allait réussir à construire quelque chose, poursuit-il. Le désert est quelque chose, mais il y a une oasis après avoir traversé le désert. Et c’est ça le message que je souhaite passer : il ne faut jamais penser qu’il n’y ait rien de l’autre bord. Il y a toujours quelque chose. Mais si les parents arrêtent de penser qu’il y a quelque chose, c’est fini, l’enfant va cesser d’y croire en quelques secondes.»

La musique pour s'aérer la tête

Il n'y a pas que Jean-Philippe qui s'est plongé dans la musique pour survivre. Ses parents, eux aussi dans un groupe, ont eu besoin de cette bouffée d'oxygène pour les aider à passer au travers des difficultés.

Les cons sul'temps
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