Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Êtes-vous pilule ou granule?

Hormones bio-identiques

Émission du 3 avril 2014

Aux environs de la cinquantaine, chez les femmes, les ovaires diminuent puis cessent la production des œstrogènes. C’est la ménopause. Mais avec l’allongement de l’espérance de vie, de plus en plus de femmes vivent longtemps après la ménopause. Comment diminuer les effets induits par cette diminution d’œstrogènes? Et entre l’hormonothérapie classique et les hormones bio-identiques, quel choix faire? Jean-Louis Brazier fait le point sur la question.

Pour comprendre les tenants et aboutissants de ce dilemme entre l’hormonothérapie classique et les hormones bio-identiques, il faut avant tout savoir que les ovaires fabriquent du 17 œstradiol et de la progestérone. En se fixant sur des récepteurs, ces hormones agissent sur la reproduction, mais ils régulent aussi toute une gamme de fonctions dans l’organisme. C’est pourquoi il est utile de les remplacer lorsqu’elles commencent à manquer.

L’hormonothérapie classique

Au Canada, les œstrogènes conjugués équins comme le Premarin® ont longtemps été prescrits. Il s’agit d’hormones extraites de l’urine de juments enceintes. Elles sont administrées par voie orale. Bien qu’ayant une structure chimique un peu différente des hormones naturelles, ces œstrogènes se fixent sur les mêmes récepteurs et présentent les mêmes activités pharmacologiques que les hormones naturelles. À côté des œstrogènes, on associe toujours un progestatif : dans le cas de l’hormonothérapie classique, c’est la médroxy-progestérone, un dérivé de la progestérone qu’on appelle Provera®.

Les hormones bioidentiques

Une solution alternative à l’hormonothérapie classique réside dans les hormones bio-identiques. Il s’agit d’hormones fabriquées en laboratoire qui possèdent la même structure moléculaire que les hormones produites par le corps humain.

Mais pourquoi les appelle-t-on bio-identiques? Il faut savoir que dans cette approche pharmacologique, on utilise comme œstrogène le 17 œstradiol, qui est la même hormone que l’hormone naturelle, et comme progestatif, on utilise la progestérone micronisée, c’est-à-dire qu’elle est réduite en poudre très fine. Les œstrogènes sont administrés par voie transdermique tandis que la progestérone l’est par voie buccale. Étant donné que ces hormones sont les mêmes que celles qui sont naturellement fabriquées par les ovaires, on les appelle bio-identiques.

Attention à la confusion : il ne s’agit pas d’hormones naturelles. Elles sont fabriquées par synthèse, à partir de molécules précurseures qu’on appelle saponines que l’on retrouve dans le soja et dans les racines d’igname. Ces saponines sont transformées en laboratoire en 17 œstradiol et en progestérone. Ces molécules bio-identiques ne sont donc pas des produits de santé naturelle. Et contrairement à ce que prétendent certaines allégations publicitaires, si vous consommez du soja ou de la racine d’igname, jamais votre organisme ne sera capable de fabriquer d’hormones bio-identiques.

Il est possible de se procurer en vente libre des préparations magistrales d’œstrogènes bio-identiques sous forme de crème. Cependant, aucune étude scientifique n’a établi leur efficacité et la plupart des médecins les déconseillent.

Que choisir?

Quelle est donc la meilleure option en terme d’efficacité et de sécurité? Au risque de vous décevoir, il n’y a pas une seule réponse… l’hormonothérapie classique ou avec hormones bio-identiques ont chacune leur efficacité et présentent chacune des avantages et des inconvénients. Rappelez-vous également que ce qui fonctionne pour votre voisine ne fonctionnera pas nécessairement pour vous. Pourquoi? Parce que chacune d’entre vous est unique.