Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Camp d'été et camp de réadaptation pour les enfants avec une hémiparésie

Émission du 11 septembre 2014

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La plupart des gens savent que les personnes d’un certain âge qui font un AVC peuvent par la suite rester paralysées sur toute une moitié du corps, à gauche ou à droite. Mais ce qui est moins connu, c’est que des enfants peuvent également être atteints d’un tel problème, à la suite d’un AVC ou des suites des complications d’un accouchement. Une telle condition entraîne forcément d’importants problèmes de motricité.

Au Centre Marie-Enfant du CHU Sainte-Justine, des spécialistes ont mis sur pied un programme novateur pour aider ces enfants : un camp d’été où ils peuvent suivre des ateliers qui vont leur permettre de progresser dans leur réadaptation, tout en s’amusant.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le camp d’été offert par le Centre Marie-Enfant n’a rien à voir avec un camp d’été traditionnel. L’une de ses particularités les plus frappantes, c’est que chaque enfant porte une petite attelle pour immobiliser un bras. Il s’agit d’une technique utilisée en réadaptation pour aider ces enfants avec une hémiparésie à dépasser les limites motrices que leur impose la paralysie d’un de leurs membres supérieurs.

«Le but du camp est de permettre une utilisation forcée du membre atteint dans des activités répétitives, explique Manon Germain, ergothérapeute. L’enfant porte donc une attelle à son membre sain, pour permettre que la main atteinte soit continuellement en activité.»

Les enfants doivent porter la contrainte à leur membre sain pendant 4 heures et demie dans une journée. Il s’agit donc d’un entraînement très intensif, mais offert dans un contexte ludique.

Comme l’explique la psychologue Sophie Leroux, le fait de rassembler des enfants qui vivent la même condition et qui doivent tous traverser les mêmes défis a un effet considérable sur leur motivation : «Au début, les enfants disent qu’ils ne sont pas capables et que c’est difficile. Mais c’est là qu’on voit toute la magie et le bénéfice du groupe. C’est souvent la première fois qu’un enfant rencontre un autre enfant qui a la même difficulté que lui. Car dans sa classe, ou même dans toute l’école, il est souvent le seul. Mais de voir que oui, même si c’est difficile, un autre enfant fait un effort et essaie, ça va le motiver et il va se dire : “Moi aussi je vais essayer. Moi aussi je suis capable.”»

Apprendre à faire de nouveaux mouvements

Parmi les différentes activités proposées dans une journée, les enfants vont, par exemple, être invités à décorer des petits gâteaux, ce qui va les pousser à effectuer un mouvement de pince entre le doigt et le pouce. «Ce mouvement de pince pouce-index est extrêmement difficile pour un enfant qui a une hémiparésie, explique Manon Germain. Le message ne passe pas bien au doigt et l’enfant ne sait pas comment faire le mouvement. Mais avec la contrainte du membre sain, on enseigne aux enfants à faire le bon mouvement, qui sera répété plusieurs fois afin qu’il soit capable de le réaliser par la suite.»

Cet entraînement intensif permet aux enfants ayant une hémiparésie de faire des progrès durables et très concrets au niveau de l’équilibre, de la coordination bilatérale, de la force du triceps et de la force de l’extension du poignet.

Au niveau psychologique, les progrès sont également importants, témoigne Sophie Leroux : «Ce qui est frappant dans leur évolution, c’est la confiance en soi. Ils vont davantage essayer des tâches qui sont difficiles. Ils vont moins se décourager et ils vont persister davantage. L’attitude va être vraiment différente entre le début et la fin du camp.»

Le mot de nos animateurs

Le centre Marie-Enfant a transmis son expertise au centre de réadaptation MAB-Mackay, à Montréal, où on offre désormais un camp semblable.

C’est une excellente nouvelle, car on remarque chez ces enfants des progrès importants. La plupart d’entre eux ont augmenté de façon significative leur capacité de préhension, l’extension du triceps, la flexion du poignet. Cela peut sembler des détails, mais ce sont des détails qui ont une importance remarquable sur leur qualité de vie. De plus, il s’agit de progrès durables.

À leur départ du camp, les enfants et leurs parents reçoivent des conseils et une vidéo d’exercices afin que l’enfant puisse continuer à progresser à la maison.