Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Piqûres de guêpes

Émission du 11 septembre 2014

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Tout le Québec a été bouleversé par le décès de la mairesse de La Prairie, Lucie Roussel, morte des suites de piqûres de guêpes alors qu’elle ne se connaissait aucune allergie. Cet événement suscite plusieurs questions :

Peut-on mourir après s’être fait piquer par des guêpes, sans être allergique?

Techniquement oui, c’est possible, et on parle alors de mort par empoisonnement. Il s’agit toutefois d’événements rarissimes. Pour provoquer la mort autrement que par réaction anaphylactique – dans le cas d’une allergie –, il faut des quantités phénoménales de venin de guêpes ou d’abeilles.

Selon les spécialistes que nous avons consultés, il faudrait subir des centaines ou même des milliers de piqûres pour décéder d’un empoisonnement aux piqûres de guêpes ou d’abeilles.

Dans le cas de Mme Roussel, on ne sait pas si elle était allergique ou non aux guêpes. Mais selon le Dr Martin Blaquière, allergologue au CHUM, il est plausible de penser qu’elle est décédée d’une réaction allergique, car son décès a été très rapide. Dans le cas d’un empoisonnement, la mort survient à la suite de dommages au foie ou aux reins, un processus qui s’étale habituellement sur plusieurs jours.

Puisque Mme Roussel ne savait pas qu’elle était allergique, est-il possible qu’elle ait développé sans le savoir une allergie aux piqûres de guêpes?

C’est une hypothèse tout à fait plausible. Par contre, il faut savoir que pour être allergique à une substance, il faut déjà y avoir été exposé pour avoir eu l’occasion de développer des anticorps. Il est aussi très fréquent que des gens deviennent allergiques à quelque chose à un moment ou à un autre de leur vie.

Aussi dramatique qu’il puisse être, cet événement doit-il nous inquiéter personnellement? Est-ce une situation qui peut arriver à n’importe qui?

Il faut remettre les choses en perspective. Entre 2000 et 2011, Statistique Canada a répertorié 40 décès suite à des piqûres d’insectes, ce qui correspond à une moyenne d’environ trois décès par année. C’est à peu près le même nombre que les décès causés par la foudre. Il s’agit donc d’événements très peu fréquents.

Que faire en cas de piqûres de guêpes ou d’abeilles? Quels sont les symptômes qui devraient nous alerter?

En cas de piqûre de guêpe, il est normal de développer une réaction locale, à l’endroit de la piqûre. Enflure, rougeur et douleur sont des réactions désagréables, mais elles ne sont habituellement pas graves – sauf lorsqu’elles sont situées dans un endroit critique comme la gorge.

Certaines réactions peuvent être plus importantes et se répandre ailleurs sur le corps. On parle alors de réactions systémiques. Certaines personnes peuvent, par exemple, développer une crise d’urticaire généralisée, ce qui n’est pas très grave non plus.

Mais lorsqu’une personne développe une réaction anaphylactique, il est important d’appeler rapidement des secours ou des services d’urgence.

Dans une telle situation, il faut impérativement avoir recours à une piqûre d’EpiPen si on en a un sous la main. Mais il est aussi possible de se présenter à une pharmacie : dans un contexte d’urgence, il est évident que le pharmacien fournirait un EpiPen, même sans prescription médicale.