Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Mathieu Douville, spécialiste en orientation et mobilité

Émission du 25 septembre 2014

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Mathieu Douville pratique un métier rare : il est spécialiste en orientation et en mobilité pour l’Institut Nazareth et Louis-Braille. Grâce à lui, des personnes atteintes de déficience visuelle retrouvent plus d’autonomie dans leurs déplacements. Un métier qui lui procure beaucoup de bonheur et de satisfaction.

Aujourd’hui, Mathieu Douville accompagne Guylaine Cataford pour une étape importante : apprendre à se déplacer seule dans le métro. Atteinte de déficience visuelle, elle n’est pas complètement aveugle, mais sa vision est nettement insuffisante pour se repérer dans une station de métro, notamment en raison de l’obscurité et du risque de confusion entre les différentes directions. Mais grâce aux conseils de Mathieu Douville, elle sera bientôt capable de s’orienter et de se déplacer de manière autonome.

Guylaine Cataford n’est pas un cas exceptionnel pour Mathieu Douville, car la majorité des personnes qui font appel à ses services ont encore une vision résiduelle. Et c’est justement sur cette vision résiduelle que Mathieu Douville va baser une partie de ses séances d’orientation et de mobilité, pour aider les personnes à optimiser l’utilisation de leur vision. «Mais à un certain moment donné, la vision devient un obstacle, explique-t-il, et non pas quelque chose sur lequel ils peuvent s’appuyer. À ce moment-là, on va donc plutôt utiliser l’audition.»

Pour se repérer dans une station de métro, Mme Cataford apprendra donc à discriminer certains sons par rapport à d’autres, pour l’aider à se localiser et se diriger.

Mais tous n’ont pas les mêmes besoins, et certains apprentissages sont plus simples que d’autres, ajoute Mathieu Douville. Pour un client qui habite en CHSLD, l’objectif peut être simplement de se déplacer seul pour aller se brosser les dents ou marcher dans le corridor. Mais d’autres personnes plus autonomes souhaitent plutôt se rendre à l’épicerie ou à la banque, ou être en mesure de continuer à travailler ou poursuivre leurs études. Les cours d’orientation et de mobilité seront donc ajustés en fonction des objectifs des clients.

Traverser la rue : tout un défi!

Après avoir aidé Mme Cataford à se déplacer dans le métro, Mathieu Douville rencontre une autre cliente, Mme Richer, cette fois-ci pour lui apprendre à traverser un grand boulevard. Il s’agit d’un très grand défi pour cette dame. En effet, même si elle est atteinte par une déficience visuelle depuis sa naissance, elle se sent très inquiète à l’idée de traverser cette grande intersection, préférant faire un détour jusqu’à une autre rue pour l’éviter.

Mathieu Douville nous explique qu’effectivement, il s’agit d’un grand défi puisqu’en raison de la manière dont l’intersection est bâtie, le mouvement des véhicules et plusieurs autres facteurs, les gens ne se sentent souvent pas en sécurité de traverser une aussi grande intersection. «Ils ne sont jamais certains du moment opportun pour traverser la rue. Ça devient donc vraiment un défi pour nous de les aider à développer les habiletés visuelles et auditives. C’est notre plus grand défi.»

«Les plus grands obstacles au niveau de la mobilité, c’est le bâti, explique Mathieu Douville, donc la façon dont les intersections sont conçues.» Dans ce cas-ci, la séance d’orientation et de mobilité permettra à Mme Richer d’apprendre à repérer visuellement le petit bonhomme lumineux blanc, malgré les restrictions de son champ visuel, et de porter attention au signal musical du feu de circulation.

À voir Mathieu Douville travailler, il est clair que son métier le passionne. Et il l’avoue lui-même, c’est pour lui une grande source de satisfaction de contribuer à redonner davantage d’autonomie aux personnes atteintes de déficience visuelle. «Chaque jour, je suis content d’aller au travail, conclut-il, simplement parce que je suis content de continuer à aider ces gens-là à préserver leur autonomie.»

Le mot de nos animateurs

Avec le vieillissement de la population. Il est clair que le nombre de personnes aux prises avec une déficience visuelle va aller en augmentant. Déjà, à l’heure actuelle selon l’Office des personnes handicapées, au Québec il y a plus de 100 000 personnes touchées par un handicap visuel. On aura donc de plus en plus besoin d’intervenants spécialisés en réadaptation visuelle.

Actuellement, la formation est donnée à l’Université de Montréal et fait étonnant, il y a très peu de candidats. Il s’agit donc d’un domaine d’emploi très prometteur.

Ressources

Le site de l’Institut Nazareth et Louis-Braille
http://www.inlb.qc.ca