Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Maxime D.-Pomerleau alias Batwheel

Émission du 9 octobre 2014

Voir le segment

Maxime D.-Pomerleau est une flamboyante jeune femme de 29 ans atteinte d’une maladie rare, le syndrome de McCune-Albright. Il s’agit d’un mélange de désordres endocriniens et de fragilité osseuse, en raison duquel elle doit se déplacer en fauteuil roulant. Mais Maxime ne se perçoit pas comme une personne handicapée et elle s’indigne plus souvent qu’autrement du sort que notre société réserve aux personnes à mobilité réduite. Pour canaliser cette indignation et sensibiliser la population, elle se glisse dans la peau d’un personnage qui est devenu son alter ego : Batwheel, une superhéroïne qui vole au secours des personnes handicapées.

Batwheel est née d’une conversation entre Maxime D.-Pomerleau et son amie Jessy Poulin, réalisatrice. En écoutant Maxime raconter ses péripéties en fauteuil roulant, Jessy a eu l’idée de créer ce personnage, dans la lignée des superhéros de bandes dessinées.

« Batwheel est comme devenue mon extension et mon alter ego, raconte Maxime. Quand je vis des frustrations, comme ne pas pouvoir prendre le métro parce que je suis toute seule (…), ou ne pas pouvoir accéder à une boutique ou un resto parce qu’il y a une marche en béton dans l’entrée, ça devient lourd et frustrant. Alors à ce moment-là, je transpose ça sur Batwheel. Et ça me permet de survivre, j’imagine! »

Une question d’image

« Je ne me reconnais pas dans l’image des personnes handicapées qui est véhiculée dans la société, à la fois dans les médias, mais aussi en général, confie Maxime. Quand on parle des personnes handicapées dans les médias, c’est souvent parce qu’il y a une manifestation ou un enjeu en particulier. Sinon, ça va être des événements comme la Semaine québécoise pour les personnes handicapées, au début du mois de juin. Là, on va en parler, mais le reste de l’année, ça va être évacué. »

Le reste du temps soutient-elle, les personnes handicapées sont plus souvent qu’autrement présentées comme des « chialeux » qui devraient arrêter de se plaindre pour avoir des privilèges. « On axe encore beaucoup sur le fait que les revendications, c’est pour avoir des privilèges, ajoute-t-elle, alors que c’est pour demander un même accès à des services. Sinon, ce qu’on présente, c’est la personne malade aux crochets de l’État. »

Maxime refuse toutes ces étiquettes : « On ne voit pas d’images de personnes qui sont en complet et qui vont travailler dans le cœur économique de Montréal ou dans une grande tour à bureaux, parce qu’ils sont conseillers financiers ou parce qu’ils ont un doctorat en linguistique. Ça, ce serait des choses qui contribueraient à changer les perceptions. »

C’est exactement pour changer cette perception que Maxime s’est lancée dans la belle aventure de Batwheel. Elle pense que par l’humour, elle peut ainsi changer contribuer à changer l’image des personnes handicapées, surtout chez les jeunes. « Ça leur permet de voir une personne handicapée dans une position de pouvoir, plutôt que de dépendance, comme c’est plus fréquent. Ça casse un peu le moule. »

« Batwheel fait ce que Maxime n’ose pas faire, c’est-à-dire s’imposer, conclut Maxime. Aller cogner dans la fenêtre d’un char en disant “Tasse-toi je veux passer” ou “je m’en fous de ce que tu fais, fais juste disparaître.” Mais ça, c’est Batwheel, Maxime elle ne fait pas ça! »

Batwheel, le site
http://www.batwheel.com