Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Traitement Zamboni : 5 ans après

Émission du 23 octobre 2014

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En 2009, un médecin italien, le Dr Zamboni, avait fait l’annonce d’un traitement «révolutionnaire» contre la sclérose en plaques. Rapidement, des groupes de pression avaient commencé à revendiquer le remboursement de ces traitements par la Régie de l’assurance-maladie du Québec. Cinq ans plus tard, où en sommes-nous avec ce traitement?

Sur quoi repose cette approche?

Le Dr Zamboni soutient que les patients atteints de sclérose en plaques ont un rétrécissement des veines du cou qui drainent le liquide céphalo-rachidien. Selon lui, la dilatation de ces veines par un ballon, comme on le fait pour les artères coronaires, permet d’obtenir des résultats extraordinaires. Plusieurs personnes atteintes de sclérose en plaques ont d’ailleurs témoigné des bienfaits que ce traitement leur aurait procurés.

Des résultats controversés

Il faut savoir que la sclérose en plaques est une maladie qui s’étale sur plusieurs années et qui se caractérise par des périodes de rechute et de rémission. Il faut aussi se rappeler que dans ce type de recherches, l’effet placebo est un facteur important à considérer.

Depuis l’annonce du Dr Zamboni, plusieurs équipes de recherche ont tenté de reproduire ces résultats. Or, des scientifiques ont constaté que le rétrécissement des veines du cou est aussi fréquent chez les personnes atteintes de sclérose en plaques que dans la population en général. Il n’y a donc pas de lien de causalité à établir là.

Pour deux revues médicales reconnues, le Canadian Medical Association Journal et le Lancet, le dossier est clos : le traitement Zamboni n’est pas une approche efficace contre la sclérose en plaques et il faudrait même cesser de financer des études sur ce sujet.

Certaines études sont toutefois encore en cours, dont une Canada qui devrait se terminer en 2016. Une petite étude qui vient de se terminer aux États-Unis confirme toutefois elle aussi l’inefficacité de cette approche.

Malgré toutes ces réserves de la communauté scientifique, plusieurs cliniques dans le monde continuent à offrir ce traitement. C’est notamment le cas en Pologne, en Italie, aux États-Unis et en Inde. Il s’agit pourtant de traitements coûteux et qui présentent certains risques.

Au Canada, plusieurs personnes atteintes de sclérose en plaques continuent à être tentées par cette approche. C’est d’ailleurs chez nous qu’on retrouve le plus de cas de sclérose en plaques (100 000 personnes au pays). Force est de constater qu’on a malheureusement peu de choses à leur offrir pour traiter cette maladie.

Mais comme pour toute autre maladie, il est important de se rappeler une sage vérité : quand c’est trop beau pour être vrai, ce n’est probablement pas vrai…