Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Dre Éveline Gaillardetz : médecin à domicile

Émission du 23 octobre 2014

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Jeune médecin de 29 ans, la Dre Éveline Gaillardetz a choisi une pratique médicale peu courante : la médecine à domicile. Méconnue et peu valorisée, il s’agit d’une pratique qui gagnerait pourtant à être plus considérée, puisqu’elle permet à des patients très malades de demeurer à la maison plutôt que de séjourner à l’hôpital. Notre équipe a suivi cette courageuse médecin sur le terrain.

Toute la journée, la Dre Gaillardetz circule en voiture, d’un domicile à l’autre. En plus d’avoir à se déplacer, à se stationner et à pénétrer dans le quotidien de chacun des patients qu’elle visite, elle doit composer avec de graves problèmes de santé. Les soins palliatifs et gériatriques, ainsi que les maladies chroniques, représentent l’essentiel de sa pratique.

La Dre Gaillardetz travaille dans l’arrondissement Verdun, un quartier défavorisé du sud-ouest de Montréal. Elle est membre d’une équipe de 7 médecins du CLSC Verdun qui pratiquent la médecine à domicile. Le groupe fait partie d’une équipe multidisciplinaire dans laquelle le rôle des infirmières est également très important.

Pas une vocation au départ

Au départ, la Dre Gaillardetz ne se sentait pourtant pas appelée par la médecine à domicile. Au cours de sa résidence, elle avait bien apprécié l’intensité et le côté plus glamour des salles d’urgences et de soins intensifs. «À la base, ce n’est pas ce qui me tentait le plus, de faire des soins à domicile, raconte-t-elle. Je le faisais plus par devoir. Je me disais que j’allais être une bonne citoyenne, un bon médecin, et faire ce qu’on me demandait de faire. Mais finalement avec le recul, j’ai l’impression que ça me ressemble vraiment beaucoup.»

Maintenant une passion

La Dre Gaillardetz ne regrette pas du tout son choix aujourd’hui. Au quotidien, elle est constamment confrontée au fait que ses patients sont beaucoup mieux servis à domicile qu’ils le seraient à l’hôpital. Pour de nombreuses familles, c’est aussi souvent un soulagement d’avoir leur proche malade à la maison, en autant que le CLSC leur offre le soutien médical nécessaire pour pouvoir le faire.

La Dre Gaillardetz est d’ailleurs d’avis que le système de santé gagnerait vraiment à réorganiser une grande partie des soins pour les octroyer au domicile des patients. Elle souhaiterait également que les soins aux personnes âgées et les soins palliatifs soient mieux considérés dans la profession médicale en général.

Comme source de motivation au quotidien, la Dre Gaillardetz se ramène souvent au fait que ses patients sont beaucoup mieux à la maison qu’à l’urgence. Et même si la pratique à domicile est considérablement moins rémunérée que la pratique à l’hôpital ou en cabinet, elle se nourrit de la reconnaissance que ses patients lui manifestent régulièrement. «Cette reconnaissance est tellement grande que c’est un véritable moteur pour continuer à faire des soins à domicile», conclut-elle.

Le mot de nos animateurs

La Dre Gaillardetz a raison : il existe dans le milieu médical des préjugés à l’encontre des soins à domicile qui sont considérés comme un peu rétrogrades et tellement loin du clinquant des hôpitaux ultramodernes. Les médecins qui choisissent cette pratique sont beaucoup moins payés que la majorité des médecins. Il s’agit donc d’un choix social que font ces médecins en adoptant cette pratique.

Pourtant à l’époque de ce qu’on appelle encore le «virage ambulatoire», et avec le vieillissement de la population, c’est un mode de pratique qu’on devrait encourager et surtout valoriser.