Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Économie et santé : 8 milliards en médicaments

Émission du 30 octobre 2014

Voir le segment

Combien d’argent sommes-nous prêts à dépenser pour être en santé?

Essentiels à la médecine moderne, les médicaments coûtent de plus en plus cher aux gouvernements. En 2012, les Québécois ont investi 8 milliards de dollars dans ce poste de dépense. Une facture qui a doublé en 10 ans et quadruplé en 20 ans.

Pour réfléchir sur cette question, le Dr George Lévesque est allé rencontrer André-Pierre Contandriopoulos, professeur honoraire au Département d’administration de la santé et chercheur à l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal.

Voici les grandes lignes de cette entrevue :

– Les Québécois figurent parmi les champions du monde en termes de quantité de médicaments achetés et consommés.

– Huit milliards dépensés en médicaments au Québec en 2012 : cela correspond à environ 1000 $ par personne et à 20 % des dépenses totales en santé.

– En 1980, les médicaments représentaient 6 % des dépenses totales en santé. Aujourd’hui, ils représentent 20 % de ces dépenses.

– Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le vieillissement de la population n’est pas un facteur majeur dans l’augmentation des dépenses en médicaments.

– Au Québec, environ les deux tiers des femmes et la moitié des hommes consomment tous les jours au moins un médicament. Le médicament fait maintenant partie des habitudes de vie.

– La proportion de gens qui consomment tous les jours des médicaments est en perpétuelle augmentation.

– Le Québec s’est récemment doté d’un régime d’assurance médicaments mixte, privé-public. Selon M. Contandriopoulos ce système PPP ne permet pas de réguler les quantités ni le prix des médicaments.

– Les pays qui se sont dotés d’un régime universel public d’assurance-médicaments paient leurs médicaments moins cher. Le contrôle du prix du médicament est meilleur. C’est le cas en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Angleterre.

– Ce meilleur contrôle est rendu possible, car il y a une meilleure négociation à l’échelle de l’État avec les compagnies pharmaceutiques pour obtenir des prix plus bas.

– Autrement dit, un régime public et universel d’assurance-médicaments permettrait à la société québécoise de faire des économies. Et elle serait plus compatible avec l’évolution de la médecine.

– On a assuré l’hôpital dans les années 1960, puis les services médicaux dans les années 1970; il serait maintenant temps que le Québec assure les médicaments de manière à se doter d’une véritable couverture universelle.