Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Économie et santé : 300 000$ pour des nouveaux médicaments contre le cancer

Émission du 13 novembre 2014

Voir le segment

Le cancer est en voie de devenir la première cause de décès au pays. Il s’agit également d’une maladie qui coûte très cher à soigner. Il y a d’ailleurs régulièrement de nouveaux médicaments contre le cancer qui font leur apparition sur le marché, à des coûts exorbitants. Dans certains cas, leur impact sur la maladie s’avère toutefois assez limité.

Dans le cadre de notre série sur l’argent et la santé, nous nous questionnons cette semaine sur les coûts de ces médicaments qu’on propose à des gens atteints de cancer afin de prolonger leur vie. Pour réfléchir sur ces enjeux, le Dr Georges Lévesque en discute avec André-Pierre Contandriopoulos, professeur honoraire au Département d’administration de la santé de l’Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal. Voici les grandes lignes de cette entrevue.

-- Certains nouveaux médicaments contre le cancer coûtent entre 100 000 $ et 300 000 $/année/par personne.

— Le prix des médicaments contre le cancer augmente beaucoup plus vite que les prix de tous les autres médicaments.

Pour comprendre ce dossier, il faut se rappeler que les compagnies pharmaceutiques sont des entreprises privées qui ont pour premier mandat de rapporter des profits à leurs actionnaires.

— Le cancer est une maladie mortelle : on ne peut donc pas donner des médicaments contre le cancer à une personne sur une très longue période de temps.

— Les compagnies ont développé des médicaments qu’elles font payer très cher parce que leur durée de consommation est faible et ils ne prolongent la vie des cancéreux que de quelques semaines et au mieux, de quelques mois.

L’investissement dans la recherche scientifique nécessaire au développement de médicaments anti-cancer justifie-t-il des prix aussi élevés?

L’industrie pharmaceutique fait circuler depuis longtemps certains prix pour illustrer à quel point la recherche et le développement sont coûteux. Ces chiffres sont difficiles à valider. Et on a l’impression que les compagnies pharmaceutiques qui réussissent le mieux ne sont pas nécessairement celles qui font le plus de recherche, mais celles qui savent faire le plus de marketing et utiliser des recherches faites par d’autres en les modifiant à la marge. Les coûts de la recherche ne sont donc pas aussi importants qu’ils veulent nous le faire croire.

— La rationalité économique ne joue pas face à la peur du cancer et face à l’espoir de pouvoir vaincre le cancer.

Pour changer les choses, il faudrait se rediriger vers une réorganisation de la recherche en santé, une réorganisation de la recherche sur la maladie, sur la vie. Qu’elle soit faite avec des fonds publics et que ce soient les États qui financent la recherche… Il ne faut pas laisser à une industrie qui n’a pas de comptes à rendre à personne d’autre qu’à ses actionnaires le choix des stratégies qui vont avoir des impacts aussi considérables sur la vie des gens.

— Verrons-nous ces changements de notre vivant? Probablement pas, malheureusement…