Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Diane Racine : "la thermoplastie bronchique m'a permis de conserver mon mode de vie"

Émission du 13 novembre 2014

Voir le segment

Diane Racine est une amoureuse de la campagne, des animaux et tout particulièrement des chevaux. Mais coup de malchance, elle est asthmatique sévère et elle a dû un jour admettre que ses passions la rendaient littéralement malade. Elle a toutefois eu la chance de bénéficier d’une intervention révolutionnaire qui lui a permis de soulager une grande partie de ses symptômes et, surtout, de continuer à mener la vie qu’elle a choisie.

Après avoir grandi à la campagne, Diane Racine a passé quelques années à la ville. Mais dans la trentaine, elle a décidé de revenir habiter à la campagne pour retrouver ce mode de vie qui lui plaisait tant et surtout, recommencer à vivre au quotidien avec les chevaux. Mais asthmatique depuis l’enfance, elle a vu ses symptômes revenir en force. La poussière, le pollen, les animaux : tant d’éléments de l’environnement qui lui étaient hostiles. Plus le temps passait, plus les symptômes s’aggravaient…

Lors d’une rencontre avec un pneumologue, celui-ci lui a suggéré de vendre son cheval. Pour Diane, c’était une fin de non-recevoir. « Cette vie que je chéris tant, c’est un mode de vie. Je ne m’en passerais pas, nous confie-t-elle. Je dis souvent que si je meurs à cheval, je vais mourir heureuse. »

Torturée à l’idée de devoir se départir de son fidèle compagnon, Diane a eu la chance de tomber par hasard sur une annonce dans un journal : des scientifiques cherchaient des asthmatiques sévères pour réaliser une étude clinique sur un nouveau traitement. Pour Diane, c’était un heureux hasard qui lui souriait : « Je me suis dit : “Je vais donner mon corps à la science! Et advienne que pourra!” »

Le traitement en question s’est avéré être la thermoplastie bronchique. Il s’agit d’une approche initialement développée par une compagnie américaine qui était alors testée par une équipe de recherche québécoise.

Pneumologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, le Dr Michel Laviolette a travaillé sur 4 essais cliniques portant sur la thermoplastie bronchique. « On a participé à tous les essais cliniques, explique-t-il, et c’est assez pour nous convaincre que cette technique pouvait améliorer l’asthme des gens. Ça nous a convaincus de persister et de maintenant offrir la thermoplastie bronchique sur une base clinique. »

Diane Racine se souvient avoir été très malade la nuit après avoir reçu son premier traitement. Mais peu à peu, cet effet secondaire s’est estompé pour faire place aux bienfaits. Dans les semaines qui ont suivi l’intervention, puis ensuite les mois, elle a senti une nette amélioration de ses symptômes, tout spécialement à l’automne. Une véritable libération!

De quoi s’agit-il?

La thermoplastie bronchique est une procédure qui s’effectue par bronchoscopie, nous explique le Dr Laviolette : « On introduit un bronchoscope dans les bronches et par la suite, on introduit un petit cathéter qui est connecté à un générateur électrique. Ce générateur produit un courant de faible intensité au bout du cathéter qui lui vient appuyer sur la paroi bronchique. L’énergie est donc appliquée à la muqueuse et ça fait chauffer la muqueuse à 65 degrés centigrades. »

« Ça chauffe, mais ça ne brûle pas, précise-t-il. Et le muscle qui est en dessous va mourir et compte tenu qu’il s’agit d’un tissu qui ne se régénère que très peu ou pas du tout, il n’y aura pas de régénération musculaire. »

Résultat : les bronches sont plus ouvertes et l’air circule plus facilement. Les personnes traitées vont ressentir moins de toux, moins de cillements et moins d’essoufflement.

Voilà maintenant huit ans que Diane Racine a reçu ce traitement et elle en ressent toujours les bienfaits. Elle n’est pas complètement guérie de son asthme, et elle doit encore utiliser une pompe sur une base régulière, mais elle peut maintenant vivre sans problèmes la vie qu’elle a choisie, avec les chevaux et les autres animaux.

Diane Racine n’est pas la seule à avoir ressenti autant d’effets bénéfiques. Des études à double insu ont démontré qu’après 5 ans, 80 % des personnes traitées continuent à ressentir ces bénéfices qui se traduisent par moins de consultations en clinique ou à l’urgence, moins d’hospitalisation et moins de médication. Certains ont pu reprendre la course à pied, tandis que d’autres ont recommencé à sortir par temps très froid ou temps très humide.

Pour la communauté scientifique, il s’agit de résultats extrêmement encourageants. Mais pour Diane Racine, c’est l’équivalent d’un passeport pour la poursuite de la vie qu’elle a choisie.

Le mot de nos animateurs

L’efficacité de ces traitements a été démontrée scientifiquement. On ne parle pas ici d’une guérison complète de l’asthme, mais tout de même d’une approche qui permet de soulager des symptômes de l’asthme. Il s’agit d’un traitement qui a été approuvé par Santé Canada en 2010, mais il est vraiment réservé aux asthmatiques très sévères.