Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Sommes-nous prêts pour la saison de la grippe?

Émission du 13 novembre 2014

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Chaque année, une armée se mobilise autour de la surveillance de l’influenza. Des unités de surveillance identifient les nouvelles souches, de nouveaux vaccins sont mis au point et de nouvelles campagnes de sensibilisation sont déployées. Mais comment se fait-il qu’en dépit de tous ces efforts, on ne soit pas encore venus à bout de la grippe? Et y arrivera-t-on un jour?

L’un des défis majeurs que présente le virus de la grippe aux scientifiques, c’est qu’il est particulièrement difficile à prévoir, explique Hugues Charest, chef de l’unité scientifique par intérim au Laboratoire de santé publique du Québec : « Est-ce qu’on peut prévoir une saison épidémique? La réponse est non. On n’est jamais capables de connaître à l’avance l’intensité et la précocité de la saison de l’influenza. »

Avec l’influenza, en général, on est dans le domaine de l’imprévisible, poursuit-il : « On essaie de se préparer le mieux possible, avec les meilleures compositions de vaccin. Mais les virus de l’influenza sont des cibles mouvantes. Alors c’est pour ça qu’il faut refaire et redessiner le vaccin toutes les années, resélectionner les souches qui seront utilisées en référence… »

Pour le moment, il y a deux sous-types de l’influenza en circulation : le fameux H1N1, qu’on a connu lors de la pandémie de 2009 et H3N2, un virus apparu en 1968. Ce dernier a causé la pandémie de ce qu’on appelait à l’époque la grippe de Hong Kong. « Après avoir sévi en phase pandémique pendant quelques vagues, ce virus H3N2 s’est implanté comme un virus épidémique, explique Hugues Charest. Il revient toutes les années pendant la saison froide. »

La vaccination

Pour lutter contre l’influenza, les spécialistes du Laboratoire de santé publique n’ont qu’une seule arme thérapeutique véritablement efficace : le vaccin. Mais pour être efficace, celui-ci doit être donné en début de saison pour briser le cycle de transmission le tôt possible, souligne Cécile Tremblay, directrice scientifique au Laboratoire de santé publique du Québec.

Une personne vaccinée peut-elle attraper la grippe malgré tout? Malheureusement oui, reconnaît Cécile Tremblay. Cette situation peut survenir lorsqu’une personne contracte une souche de grippe autre que celle contre laquelle elle a été vaccinée, ou lorsqu’une personne a un système immunitaire vraiment très faible. « Ceci dit, le vaccin a une efficacité de l’ordre de 70 % à 75 %, précise-t-elle. Donc la majorité des gens qui vont recevoir le vaccin vont être protégés contre l’influenza. »

La grippe pourra-t-elle un jour être éradiquée? Pour Hugues Charest, ce serait vraiment étonnant, pour deux raisons : les cibles de vaccination sont trop mouvantes et, de plus, trop peu de gens prennent la peine de se faire vacciner chaque année.

Cécile Tremblay ne croit pas elle non plus qu’il sera un jour possible d’éradiquer la grippe. Mais de manière plus réaliste, elle soutient que le développement de vaccins qui protégeraient contre l’ensemble des souches d’influenza permettrait d’éviter d’avoir à réadministrer les vaccins à chaque année.

Davantage de recherche sur les médicaments antiviraux serait également souhaitable, ajoute-t-elle. « Ceux qu’on a sont utiles, mais pas très efficaces, comparativement à d’autres maladies, conclut-elle. Tant qu’on n’aura pas ces outils-là en place, l’idée d’éradiquer complètement l’influenza demeure un objectif très souhaitable, mais très lointain. »

Le mot de nos animateurs

Les Québécois ne sont vraiment pas les champions de la vaccination : à peine 24 % d’entre eux se font vacciner, contre 31 % en Ontario par exemple. On est vraiment très loin du seuil de vaccination qui nous permettrait d’éventuellement éradiquer la maladie.
Il ne s’agit pourtant pas d’une maladie banale : chaque année, 400 000 Québécois contractent le virus de la grippe, ce qui occasionne environ 300 décès et plusieurs milliers d’hospitalisations. Et il ne faudrait tout de même pas oublier qu’au cours du 20e siècle, la grippe a tué plus de gens que toutes les guerres réunies!