Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Faire le deuil de sa fertilité

Émission du 20 novembre 2014

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La vie est malheureusement faite de petits et de grands deuils… Celui de devoir accepter qu’on ne pourra pas avoir d’enfants fait partie pour certaines personnes des deuils difficiles à faire. Nous avons cette semaine rencontré Catherine-Emmanuelle Delisle qui a trouvé une manière constructive de traverser cette épreuve.

Catherine-Emmanuelle Delisle a su très tôt qu’elle ne pourrait pas avoir d’enfants. À l’âge de 14 ans, elle a appris qu’elle était en ménopause précoce, elle qui n’avait même pas encore eu sa puberté.

Pour Catherine-Emmanuelle et sa mère, c’est évidemment le choc. Mais ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard que Catherine-Emmanuelle a pleinement réalisé ce que cela signifierait pour elle de ne pas avoir d’enfants. Alors qu’elle voyait ses amies fonder des familles, Catherine-Emmanuelle a commencé à se sentir de plus en plus isolée. « C’est devenu urgent d’accepter cette situation et de tourner ma vie vers une autre possibilité »

« J’ai longtemps cherché à me conformer au modèle, raconte-t-elle, jusqu’à tant que j’assume que non, je n’aurais pas d’enfants et que j’étais responsable de créer ma vie à mon image d’une manière différente. »

À cette étape de sa vie, Catherine-Emmanuelle ressentait un profond besoin de communiquer avec d’autres femmes qui vivaient un deuil semblable au sien. Poussée par ce désir, elle a décidé de créer un blogue : Femmesansenfant.com

C’est en constatant qu’il existait peu d’informations en français sur les femmes sans enfant que Catherine-Emmanuelle a eu l’idée de fonder ce blogue. C’est pour elle une façon de rejoindre d’autres femmes comme elle, de leur donner une voix et de leur partager les connaissances et les expériences qu’elle collecte dans ses recherches.

« Je suis comblée quand je vois que des articles que je me mets sur Facebook sont vus par 2000 femmes, témoigne-t-elle. C’est certain que ça me remplit de bonheur, car je me dis que le message commence non seulement à passer, mais aussi à être diffusé. »

Déconstruire les clichés

Catherine-Emmanuelle voit dans ce blogue une manière de déboulonner les clichés sur les femmes sans enfant. Un exemple de ces clichés : que les femmes sans enfant doivent absolument s’entourer d’enfants pour être heureuses.

« On dirait que les femmes sans enfant, on se sent obligées de justifier qu’on est tout de même maternelles, soutient-elle. On n’a pas d’enfant, mais on est un professeur d’art dramatique, ou de francisation, alors on a quand même des enfants dans notre vie... On n’a pas d’enfant mais on est quand même des nièces et des neveux, alors on a quand même des enfants dont on s’occupe… »

« Oui je le trouve mon bonheur en dehors de la maternité, conclut-elle. C’est un travail de tous les jours, par contre, mais oui, c’est possible. Et moi, je le trouve beaucoup avec les femmes avec qui je communique et à qui j’écris. »