Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Comment augmenter le don d'organes?

Émission du 20 novembre 2014

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Au Québec, les dons d’organes sont encore largement insuffisants pour répondre à la demande. Le problème est que le nombre de dons stagne depuis une dizaine d’années, entre 125 et 140 annuellement, alors qu’il en faudrait beaucoup plus pour combler tous les besoins. Pour remédier à ce problème, l’équipe de Transplant Québec travaille sur différents plans pour améliorer la situation.

Au départ, bien sûr, il y a la liberté de chacun de consentir ou non au don d’organes en signant sa carte d’assurance-maladie. Mais ce qui complique bien souvent les choses, c’est l’accord de la famille au moment du décès d’un donneur potentiel.

« Signer sa carte-soleil, c’est une première étape. Mais ce qu’il faut faire de plus, c’est d’en parler à sa famille, souligne Hugues Villeneuve, chef du Service de l’enseignement et du développement hospitalier à Transplant Québec. Je vous jure qu’on vit ça à chaque semaine. Quand la famille sait que c’est important pour une personne de faire un don d’organe, ça facilite la prise de décision et ça enlève un poids sur les épaules des familles. »

Il faut également savoir que toutes les personnes décédées ne sont pas de bonnes candidates au don d’organes. Les circonstances du décès vont être déterminantes sur la possibilité de prélever ou non certains organes en vue d’une transplantation.

« Le critère pour être un donneur d’organe est un drame cérébral majeur avec une perte de réflexe importante au niveau cérébral, précise Hugues Villeneuve. Et ce à tout âge. L’âge n’est pas un critère d’exclusion pour être un donneur. Les gens pensent souvent qu’ils sont trop vieux ou malades pour donner quelque chose. C’est un mythe. C’est faux. Et ça, c’est un mythe ancré tout autant dans la population que chez les professionnels de la santé »

Pour déboulonner ces mythes, Transplant Québec offre des formations au personnel médical pour les informer de la marche à suivre pour faciliter les communications entre leur institution de santé et Transplant Québec. Ces formations sont données par Marie-Josée Lavigne, infirmière de liaison en don d’organes.

« La formation des professionnels est importante parce que les donneurs d’organes sont rares, précise Hugues Villeneuve. Cette rareté des donneurs fait que c’est difficile de maintenir l’expertise des travailleurs, comme les infirmières, les inhalothérapeutes et les médecins. La formation doit être permanente et remise à chaque année. »

Marie-Josée Lavigne œuvre également comme intermédiaire auprès des familles pour les aider à prendre la meilleure décision possible. « On doit les rassurer, répondre à leurs questions, explique-t-elle. Et quand on sent que tout le monde est au même diapason, alors là, on peut aller avec l’option du don. Les familles, pour moi c’est important. Je suis un peu comme leur avocate. Je ne suis pas là pour les convaincre, mais pour leur donner l’information et leur donner des outils pour prendre la meilleure décision. Moi je leur dis : “Quand vous sortez du centre hospitalier ou de l’hôpital, malgré la situation ou la peine qui vous afflige, vous devez partir le cœur léger, car vous avez pris la meilleure décision pour la personne décédée.” »

Le mot de nos animateurs

Il y a actuellement au Québec un débat entourant le consentement au don d’organes. En septembre dernier, une pétition de plus 20 000 noms a été remise à ce sujet à l’Assemblée nationale. Ce mouvement a été initié par Tomy-Richard Leboeuf McGregor qui a reçu en mars 2013 une greffe bipulmonaire à cause de la fibrose kystique et médiatisée par Mme Louise Doyon qui a perdu sa fille en 2012, alors que celle-ci était en attente d’une greffe cœur-poumon.

Ce que cette pétition propose, c’est que le Québec adopte un système similaire à celui qui existe actuellement en France, en Espagne et dans 19 autres pays européens. Là-bas, toute personne qui décède est considérée comme un donneur potentiel, qu’elle ait signé une autorisation à cet effet ou non. L’accord de la famille est toutefois incontournable.

Ce système semble bien fonctionner : en Espagne par exemple, le don d’organes est d’environ 2 fois supérieur à celui du Québec.

Chez Transplant Québec, on n’est toutefois pas certain qu’il s’agisse de la voie à suivre pour le Québec, car selon eux le problème se situe principalement au niveau de l’organisation dans les hôpitaux. L’objectif de Transplant Québec : doubler le nombre de dons au cours des prochaines années.