Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Le retour de la syphilis

Émission du 8 janvier 2015

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L’office régional de la santé de Winnipeg a récemment sonné l’alarme à propos d’une épidémie de syphilis qui frappe la ville. Mais le Manitoba n’est pas la seule province canadienne touchée.

Le Québec l’est également beaucoup. En 1998, on avait 3 cas de syphilis déclarés au Québec, car il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire : on est passés à 671 cas en 2012. Dans 95 % des cas, les personnes infectées sont des hommes mais il y a aussi plusieurs cas rapportés chez des femmes en âge de procréer. Un cas de syphilis congénitale, transmis au bébé par la mère pendant la grossesse, a également été documenté.

Cette augmentation de la syphilis est vraiment considérable. Entre 2009 et 2013, l’augmentation se chiffre à 61 %. Pourtant, il s’agit d’une maladie qu’on croyait éradiquée, car elle se traitait facilement depuis les années 1950 avec un antibiotique banal, la pénicilline. Un test de sang permettait aussi de détecter la maladie pendant ses phases de latence, même quand la personne n’avait aucun symptôme. Et comme il s’agissait d’une maladie à déclaration obligatoire, le système de santé était en mesure de retrouver les contacts, de les traiter, ce qui permettait de limiter la progression de la maladie.

Il ne s’agit pas d’une maladie banale, et elle est même potentiellement mortelle. Elle est également sournoise car les premiers symptômes sont assez difficiles à détecter.

Le pire, c’est que la récente progression de la syphilis relève d’abord et avant tout d’un problème d’insouciance : les gens ont cessé de s’inquiéter avec les infections transmises sexuellement et se protègent moins efficacement. Et c’est malheureusement une réalité qui touche de nombreux pays dans le monde