Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Y'a-t-il de l'espoir pour traiter l'emphysème?

Émission du 22 janvier 2015

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L’emphysème est une maladie extrêmement répandue. Au Canada, on estime qu’environ 700 000 personnes en souffrent. Il s’agit d’ailleurs d’une maladie en pleine augmentation, malgré le fait que le nombre de fumeurs diminue. Nous payons aujourd’hui le prix de toutes ces années où la consommation de tabac a atteint des sommets.

Jusqu’ici, l’emphysème était une condition irréversible, qu’on ne pouvait soulager qu’à l’aide de médicaments et l’apport d’oxygène. Mais un nouveau traitement actuellement expérimenté dans la région de Québec suscite beaucoup d’espoir. Notre équipe s’est rendue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec où des chercheurs testent cette nouvelle approche sur 300 patients, dans le cadre d’une grande étude internationale. Il s’agit du seul centre de recherche canadien à tester cette nouvelle approche.

Une révolution

Pour les patients atteints d’emphysème, ce nouveau traitement représente une véritable révolution. Et pour cause : l’emphysème est une maladie qui nuit considérablement à la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes. En plus de devoir vivre avec une toux persistante et une importante production de mucus, ces patients s’essoufflent au moindre effort, ce qui les limite sérieusement dans la plupart de leurs activités quotidiennes.

Contrairement au cancer du poumon, l’emphysème est presque exclusivement une maladie réservée aux fumeurs. Après des années d’exposition à la fumée du tabac, le tissu pulmonaire perd graduellement son élasticité et se détruit peu à peu. Conséquence : lors de l’expiration, lorsque la cage thoracique et le diaphragme se contractent pour expulser l’air, les voies aériennes s’affaissent et les alvéoles restent gonflés, ce qui entraine leur destruction progressive. La personne atteinte d’emphysème est donc essoufflée non pas parce qu’elle est incapable d’inspirer, mais parce qu’elle ne réussit pas à vider ses poumons de son air.

L’option de la chirurgie

Comme nous l’explique le Dr Antoine Delage, pneumologue à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, les patients atteints d’emphysème sévère n’avaient auparavant qu’une seule option thérapeutique mis à part les médicaments et l’apport en oxygène : la chirurgie de réduction de volume pulmonaire. « C’est une chirurgie qui se faisait beaucoup dans les années 1990, par voie chirurgicale, pour enlever une partie du poumon malade et améliorer la qualité de vie de ces gens et améliorer leur tolérance à l’exercice. » Le hic avec cette approche, c’est qu’elle entrainait beaucoup de complications et que les centres hospitaliers n’avaient pas les ressources pour offrir cette chirurgie à grande échelle.

Une nouvelle approche

Devant ce constat de semi-échec, de nombreux centres de recherche et des compagnies ont commencé à chercher à développer un nouveau traitement qui entrainerait le même effet, mais sans devoir recourir à une intervention chirurgicale. C’est dans cette foulée qu’une compagnie californienne a développé un implant pouvant être inséré par les voies respiratoires et qui est actuellement testée par l’équipe du Dr Delage. Cette étude réalisée à Québec fait partie d’une étude internationale, sur laquelle œuvrent plusieurs centres de recherche d’Europe et d’Amérique du Nord.

Le traitement consiste à introduire un implant métallique en forme de spirale à l’intérieur du poumon à l’aide d’un bronchoscope via la bouche ou le nez. L’appareil, commercialisé sous le nom de RePneu par une compagnie californienne, vise à améliorer le fonctionnement du poumon, la capacité d’exercice et la qualité de vie des patients. Les serpentins compriment les tissus malades, rétablissent le retour élastique et retonifient le réseau de voies aériennes. C’est une solution mécanique pour traiter les effets physiologiques de l’emphysème. « Le but c’est d’arriver au même résultat que d’enlever la partie malade des poumons par voie chirurgicale », explique le Dr Delage.

Gérald Geraghty Jr a eu la chance de bénéficier de ce nouveau traitement expérimental. Il a été très impressionné par le fait que l’intervention se soit déroulée si rapidement (une journée et une nuit à l’hôpital) et qu’elle ait entrainé des changements si rapides. À peine quelques heures après l’intervention, il se sentait déjà beaucoup mieux!

Demeurer actif

Ce qui est particulièrement intéressant avec cette approche, c’est qu’elle permet aux patients de reprendre un mode de vie un peu plus actif, ce qui leur était auparavant impossible. M. Geraghty Jr a par exemple réussi à reprendre un cours d’activité physique et à recommencer à se cuisiner des repas à la maison : deux excellentes habitudes de vie qui l’aideront à maintenir un état de santé plus satisfaisant.

Des résultats encourageants

En Europe, de premières études ont déjà montré que le recours à un tel implant permet d’obtenir des résultats très prometteurs au niveau du soulagement des symptômes et de la capacité à l’effort. Parmi les résultats les plus significatifs, le Dr Delage note que les patients traités avec un implant réussissent à marcher plus longtemps pendant une période donnée, comparativement à ce qu’ils pouvaient faire avant de recevoir l’implant.

« Quand on regarde tous les autres traitements disponibles pour les gens qui ont de l’emphysème, ça dépasse tout ce qu’on a comme traitement à l’heure actuelle, souligne le Dr Delage. Alors c’est énorme, ce qu’on a observé avec cette technique-là. »

Le mot de nos animateurs

On dit souvent que la médecine avance à une vitesse grand V et ce traitement en est la preuve. Cela dit, il demeure réservé aux personnes les plus malades, soit les personnes atteintes d’emphysème sévère. Pour les emphysémateux légers et modérés, on continue à recommander les traitements conventionnels.

Pour le moment, il s’agit toujours d’un traitement expérimental. Les résultats de cette étude devraient être disponibles à la fin de l’étude 2015. S’ils continuent à s’avérer aussi positifs, on espère que le traitement sera rapidement approuvé par la FDA et Santé Canada, afin que ce traitement soit disponible au cours de l’année 2016.

Recherche de participants

Le Centre de recherche de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) cherche actuellement des participants pour une étude portant sur un traitement de l'emphysème sévère.

Pour toute information, contacter :

Mme Josée Picard
Infirmière de recherche
418 656-8711 poste 2934
josee.picard@criucpq.ulaval.ca