Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Ez-io : perfusion par voie osseuse

Émission du 29 janvier 2015

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Toutes les personnes qui travaillent en salle d’urgence savent à quel point le temps compte. Notre animateur, le Dr Georges Lévesque en sait quelque chose, lui qui est urgentologue. La rapidité d’exécution des manœuvres fait souvent en sorte qu’on peut sauver ou non un patient. Parmi les défis qui se présentent souvent au personnel médical, il y a la difficulté de trouver un accès à une veine pour pouvoir injecter un médicament par intraveineuse.

Malheureusement, cette étape a souvent tendance à être oubliée dans le feu de l’action. Les examens médicaux prennent le dessus, mais pourtant, il faudrait toujours privilégier de trouver un accès à une veine, pour être en mesure d’injecter un médicament si quelque chose survient brusquement.

Chez certains patients, les veines sont particulièrement introuvables. Certaines personnes ont des veines dites fuyantes ou des enfants ont des veines de la taille d’un fil : ce sont des cas qui peuvent s’avérer extrêmement complexes.

Traditionnellement, on utilisait dans ces cas de longues aiguilles pour essayer de trouver à tâtons une veine un peu plus grosse, plus profondément dans le corps. Mais c’est une opération qui pouvait s’avérer périlleuse, et entrainer, par exemple, la perforation d’un poumon. Les techniques d’échographie ont un peu facilité le travail, en permettant de mieux localiser la présence des veines, mais c’est un processus qui prend du temps et qui est peu adapté à la réalité d’une salle d’urgence.

Perfusion par voie osseuse

Une « nouvelle » technique commence peu à peu se répandre : l’accès à une voie veineuse dans un os. Elle n’est en fait pas si nouvelle, car elle remonte en fait à la Deuxième Guerre mondiale, période durant laquelle elle était utilisée pour soigner les soldats, mais elle est par la suite tombée dans l’oubli. Elle a été redécouverte en pédiatrie dans les années 1980, mais il s’agissait tout de même d’une pratique relativement marginale.

Le principe est assez simple en fait. Certains os sont particulièrement riches en moelle osseuse et donc bien vascularisés, comme le tibia et la tête humérale (dans l’épaule). En injectant un médicament liquide dans un de ces os, on peut ensuite atteindre la circulation générale et répandre le médicament dans tout le système sanguin.

Le défi par contre, c’est qu’on ne peut certainement pas piquer dans un os aussi facilement que dans une veine et que les seringues traditionnelles ne sont d’aucune utilité. Mais le personnel médical peut maintenant utiliser une sorte de perceuse électrique pour percer un trou dans l’os avant d’injecter le médicament, un système qui porte le nom d’EZ-IO®. Ce système permet une introduction sans effort et en quelques secondes de l’aiguille intraosseuse.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il semble que ce ne soit pas si douloureux que ça pour le patient de se faire percer un trou dans l’os. Une fois l’aiguille en place, l’injection du liquide peut être douloureuse, mais les médecins préviennent cette douleur en mettant un anesthésique local dans l’aiguille.