Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Sauver des vies grâce à la transplantation fécale

Émission du 12 février 2015

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Nous parlons cette semaine d’une thérapie particulièrement étonnante, mais qui semble être très prometteuse pour vaincre la bactérie Clostridium difficile : la transplantation fécale.

Mieux connue sous le nom de C. difficile, la bactérie Clostridium difficile cause des infections du côlon chez des patients qui ont reçu un antibiotique, et dont la flore intestinale est débalancée, ce qui favorise la prolifération de cette bactérie pathogène.

Il s’agit donc d’une infection causée par un antibiotique et qu’on doit traiter... par un antibiotique! En plus d’être un peu paradoxal, ce traitement donne des résultats limités et on assiste régulièrement à des récidives qui peuvent mener à des solutions plus dramatiques, comme l’ablation du côlon. Certains patients vont en mourir, comme on l’a vu en 2004-2005 lorsque plus de 1000 personnes avaient perdu la vie en raison d’une infection par cette bactérie.

Une nouvelle approche prometteuse

Malgré son nom peu invitant, la transplantation fécale s’annonce comme une approche prometteuse. En 2013, une étude néerlandaise publiée dans le New England Journal of Medicine a montré que des selles de patients sains peuvent être injectées dans l’intestin de patients infectés par la C. difficile ce qui permet d’obtenir des résultats spectaculaires. Les taux de succès se sont avérés si élevés – plus de 90 % — que les chercheurs ont décidé d’interrompre la recherche, car ils considéraient qu’il était immoral de ne pas donner le traitement aux patients du groupe-témoin. Une situation rarissime dans le monde de la recherche médicale.

Pour le moment, cette approche est encore considérée comme un traitement expérimental par Santé Canada et la FDA, car aucune autre étude n’a encore été publiée sur le sujet. Cela signifie que ce traitement ne peut être offert que dans un cadre de recherche ou alors sur dérogation spéciale, au cas par cas. Certains médecins ont déjà commencé à offrir le traitement, au Québec et ailleurs au Canada.

Lors de la publication de cette étude, le New England Journal of Medicine avait souligné dans un éditorial l’importance de cette percée scientifique. Cette découverte pourrait potentiellement avoir des retombées sur tout le domaine de la recherche portant sur la flore intestinale et le microbiome. On va certainement en entendre beaucoup parler dans les prochaines années.