Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Histoire de cas

Des nouvelles d'Élianne Parent

Émission du 26 février 2015

Voir le segment

Notre équipe avait rencontré Élianne Parent il y a deux ans. En 2007, le soir de ses 18 ans, elle avait été victime d’un accident de la route causé par une conductrice en état d’ébriété, accident qui l’avait plongée dans un coma profond dont elle est sortie deux mois plus tard, complètement amnésique. Courageuse et déterminée, Élianne avait alors entrepris et maintenu un important programme de réadaptation, en combinant des approches moins courantes comme la stimulation magnétique transcrânienne.

Quand nous avions rencontré Élianne, elle nous avait partagé son rêve de devenir autonome et d’un jour habiter son propre appartement. À notre grand bonheur, nous l’avons retrouvée alors qu’elle était en train de le réaliser.

En plus de sa persévérance et de sa détermination hors norme, Élianne a la chance de pouvoir compter sur un autre atout de taille : une maman dévouée et tout aussi déterminée. Depuis 2007, Jocelyne Parent accompagne sa fille pas à pas sur le long sentier de l’autonomie. Ce qui implique qu’elles passent la majorité de leur temps ensemble.

Consciente du désir de sa fille de s’émanciper et de vivre sa vie par elle-même, comme tous les jeunes adultes, Jocelyne accompagne maintenant Élianne dans la transition pour quitter le nid familial et voler de ses propres ailes.

Mais entre le rêve et la réalité, il reste quelques pas à franchir. Élianne doit encore composer avec d’importants problèmes de mémoire à court terme et d’organisation spatiale. Seule dans la cuisine, elle peut perdre bien du temps à chercher ses affaires, à se souvenir des tâches qu’elle avait entreprises et à multiplier des déplacements inutiles. Ce sont les séquelles de son accident, avec lesquelles elle va devoir composer pour un bon bout de temps encore.

Une belle solution

Pour concrétiser son beau rêve d’autonomie, Élianne a trouvé une heureuse solution : elle a acheté un duplex avec son oncle, dans un quartier montréalais. Pour la jeune fille qui a grandi à Val-David, déménager en ville, c’était non seulement une façon de s’émanciper, mais aussi de se rapprocher de plusieurs de ses activités. Il lui sera également plus facile de se déplacer, grâce aux services de transport adapté, plutôt que d’avoir à toujours dépendre de ses parents pour la mener d’un point A à un point B.

En habitant dans le même duplex que son oncle, Élianne se donne aussi la chance de vivre une transition plus en douceur. Idem pour sa mère, qui est évidemment beaucoup plus rassurée de savoir que sa fille peut compter sur la présence de son frère en cas de problème.

Une transition pour la fille… et pour la mère!

Pour Jocelyne, c’est aussi toute une étape de voir sa fille partir en appartement, et à Montréal en plus! Alors que comme toutes les mères, elle avait peu à peu vu sa fille acquérir plus d’indépendance tout au long de l’adolescence, le tragique accident d’Élianne les a toutes les deux forcées à recommencer à vivre ensemble au quotidien. Comme elle le dit elle-même, Jocelyne se prépare maintenant à couper une nouvelle fois le cordon ombilical. Mais elle sait que sa fille est prête pour ce grand saut dans la vie.

Le mot de nos animateurs

C’est certain que le fait que l’oncle d’Élianne habite le même duplex rend les choses un peu plus faciles. Car toute la question de l’hébergement est un problème important pour les traumatisés crâniens. Il y a bien quelques établissements qui les accueillent, comme les maisons Martin-Matte, ou certains CHSLD qui acceptent les cas sévères. Mais ces hébergements ne conviennent pas à tout le monde.

Le problème, c’est que les traumatisés crâniens ne sont pas tous semblables. Certains sont handicapés physiquement tandis que d’autres n’ont que des problèmes de mémoire ou de déficits cognitifs, par exemple. À l’association québécoise des traumatisés crâniens, on est bien conscients du problème et on travaille à chercher des solutions. Mais dans la majorité des cas, ce sont pour le moment des proches qui s’occupent des personnes qui ont subi un traumatisme crânien. Et pour les parents, c’est évidemment une source de grande inquiétude, de se demander ce qui adviendra de leur enfant lorsqu’ils ne seront plus là pour en prendre soin.