Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Les dérives de l'utilisation des opiacés

Émission du 26 février 2015

Depuis quelques années, le taux de décès reliés à une surconsommation de narcotiques utilisés contre la douleur a plus que doublé. Il s’agit d’un véritable problème de santé publique et qui dépasse largement les frontières du Québec.

Le problème est devenu tel qu’en Amérique du Nord, le taux de décès par intoxication médicamenteuse dépasse maintenant celui des accidents de la route. Et dans 40 % des cas, ces décès sont dus à des narcotiques prescrits par des médecins.

Ces narcotiques représentent une des classes de médicaments les plus prescrits en Amérique du Nord. Par exemple, au Québec, le total des sommes remboursées par la RAMQ pour l’OxyContin, en 2011, est passé de 500 000 $/année en 2000 à 13 millions $. Et on compte environ 150 décès/année associés à la surconsommation de ces médicaments.

Il faut savoir qu’on a ici affaire à des médicaments qui sont loin d’être inoffensifs et qui créent une grande dépendance. Cette dépendance s’installe très rapidement et il est par la suite très difficile de s’en sortir. On assiste d’ailleurs de plus en plus à un abus de l’usage de ces médicaments. Certains sont même vendus sur la rue à la place de l’héroïne.

Les urgentologues pointés du doigt?

Les médecins d’urgence ont-ils un rôle à jouer dans cette problématique, en prescrivant trop couramment ces médicaments dangereux? C’est bien possible, mais avant de leur jeter la pierre, il faut reconnaître qu’il s’agit d’un problème très complexe. Ces médicaments répondent tout de même à un réel besoin de soulager la douleur, et ce, pour de nombreux patients.

En 2013, la revue phare de la médecine d’urgence en Amérique du Nord, The Annals of Emergency Medicine, a publié un éditorial dans lequel les auteurs soulevaient la question à savoir quel est le rôle de la médecine d’urgence dans cette épidémie de surdoses de narcotiques.

Les médecins ont toutefois à leur disposition des outils pour les guider dans l’utilisation de ces narcotiques. Il existe notamment le Guide canadien d’utilisation des narcotiques qui recommande aux médecins de s’assurer que le patient a réellement besoin de ces médicaments avant d’y avoir recours, de n’en prescrire que de petites quantités et de vérifier si le patient a des antécédents de dépendance. Le dossier santé québécois permet également de vérifier si le patient a déjà reçu d’autres prescriptions de narcotiques à d’autres moments, ce qui permet de contrôler un peu le problème.

Quand on pense que les narcotiques ont surpassé l’héroïne et les drogues de rue traditionnelles comme causes de surdose, il est clair qu’il s’agit d’un problème préoccupant qui interpelle toute la communauté médicale.

Ressource (en anglais)

Canadian Guideline for Safe and Effective Use of Opioids for Chronic Non-Cancer Pain
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