Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Économie et santé : 22 milliards par année consacrés aux maladies chroniques

Émission du 5 mars 2015

Le traitement des maladies chroniques entraine des coûts astronomiques. La solution : modifier les habitudes de vie. Directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal, le Dr Martin Juneau a des pistes intéressantes à proposer. Notre animateur, le Dr Georges Lévesque en a discuté avec lui cette semaine. Voici les grandes lignes de cette entrevue :

- 22 milliards : c’est la somme dépensée chaque année pour soigner les maladies chroniques au Québec.

- La majorité des maladies chroniques, comme les maladies cardio-vasculaires et certains cancers, pourrait être évitées par la modification des habitudes de vie (alimentation et activité physique). Malheureusement, l’organisation de la société n’encourage pas les gens à adopter de plus saines habitudes de vie.

- Par exemple : le prix des fruits et légumes est prohibitif pour bien des gens. Il ne cesse d’augmenter, tandis que le prix de la malbouffe baisse constamment.

- Autre exemple : le gouvernement subventionne peu les producteurs, comparativement aux éleveurs. Pourquoi n’aiderions-nous pas les producteurs maraîchers en leur fournissant de l’énergie à bas prix, pour encourager la production de fruits et légumes en serres?

- Un exemple inspirant : aux États-Unis, dans les quartiers pauvres, des organismes communautaires ou des cliniques locales distribuent des coupons échangeables contre des fruits et légumes.

- Plusieurs États tentent, avec plus ou moins de succès selon les cas, de mettre des bâtons dans les roues de l’industrie de la malbouffe. Un exemple récent : la ville de Berkeley, en Californie, a décidé par voie de référendum de taxer les boissons sucrées.

- Ce qu’il faut comprendre, c’est que la solution à ces problèmes ne vient pas des individus, mais de la société toute entière. Tous les secteurs doivent mettre la main à la pâte. À ce sujet, le Dr Juneau aime bien dire ceci : aux problèmes de santé, ce n’est pas le ministère de la Santé qui a la solution à la santé, mais tous les autres ministères. Le ministère des Transports avec le transport actif, le ministère des Affaires municipales, avec les questions de zonage (pour par exemple interdire la présence de restaurants de malbouffe autour des écoles), le ministère des Finances, avec le pouvoir de taxation et de quotas… Autrement dit, c’est davantage le premier ministre qui a la clé aux problèmes de santé, beaucoup plus que le ministère de la Santé lui-même.

- En conclusion : avec une action concertée de toute la société, on pourrait facilement faire fondre le 22 milliards consacrés au traitement des maladies chroniques.