Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Économie et santé : 8 milliards de $ par année en médicaments

Émission du 19 mars 2015

Les sommes que la société consacre à l’achat de médicaments sont en constante augmentation. Le gouvernement cherche de peine et de misère à contrôler cette croissance, mais sans réel succès jusqu’ici. Il s’agit d’ailleurs d’un problème qui touche tous les pays occidentaux. Notre animateur en discute cette semaine avec le cardiologue Martin Juneau.

Voici les grandes lignes de cette entrevue :

- 8 milliards $ : c’est la somme que les Québécois dépensent en médicaments chaque année. C’est malheureusement une tendance à la hausse, et qui n’est pas près de ralentir.

- Toutes les nouvelles molécules qui arrivent sur le marché sont systématiquement plus chères que les précédentes. Ça peut aller jusqu’à 10-20 ou même 30 fois plus chères que les précédentes.

- Par exemple : les premières statines ont terminé leur brevet et sont vendues à des prix assez raisonnables, mais de nouvelles statines, qui seront probablement plus efficaces avec moins d’effets secondaires, se vendront beaucoup plus cher. Probablement 10 000 $ par année, sinon plus, par traitement.

- Au début, ces nouvelles statines seront mises sur le marché pour cibler un marché très précis, par exemple les patients avec des problèmes très précis comme l’hypercholestérolémie familiale. Mais rapidement, ce sera également offert à un plus grand groupe de population. Tout comme on l’a vu avec les statines actuelles.

- Pour éviter tout dérapage, il sera vraiment important que l’INESS soit vigilante pour s’assurer que les molécules sont utilisées à bon escient. Mais la pression s’annonce élevée, d’autant plus que ces nouvelles molécules visent un marché extrêmement vaste, soit celui du cholestérol et du diabète.

- Dans le cas du diabète, de nombreuses études confirment que le seul médicament qui a un effet sur les complications et l’espérance de vie est la metformine qui est le plus efficace et le moins cher. Mais on continue malgré tout à produire de nouvelles molécules.

- Il est également démontré que la modification des habitudes de vie, par l’activité physique et l’alimentation, permet de contrôler le poids et prévenir le diabète. Les médecins disent que les patients ne sont pas prêts à modifier leurs habitudes de vie. Selon le Dr Juneau, c’est un faux débat. Il faut outiller les patients, ainsi que les médecins eux-mêmes, pour entrainer des actions concrètes.

- En terme de coûts de médicaments, on n’a rien vu pour l’instant. Car la hausse n’est pas linéaire, mais exponentielle. Si on continue comme ça, le prix des médicaments va atteindre 70 % du budget de la santé de la province d’ici 15 ans.

- Est-ce parce qu’une molécule est disponible qu’il faut absolument qu’elle soit remboursée par le régime public? C’est une question délicate, mais nécessaire, comme on a pu le constater récemment dans le cas de certains médicaments utilisés en oncologie et que la RAMQ refuse de rembourser. Aux États-Unis, certaines compagnies d’assurance ont commencé à refuser le remboursement de certains nouveaux médicaments. Mais ça prend des gens très forts politiquement pour refuser de nouvelles molécules dont l’efficacité est très limitée.

- Devant ce cul-de-sac financier, la solution passe inévitablement par la prévention. Un récent rapport du Conference Board a d’ailleurs montré que les investissements en prévention des maladies chroniques sont des investissements très rentables.

- Avec une action concertée de tous les ministères, il est clair qu’on pourrait réduire le fardeau financier alloué aux médicaments.