Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Sébastien Méliot : un parrain remarquable!

Émission du 8 février 2007

Cette semaine, on vous présente le portrait d’une très belle amitié : celle de Michel et Sébastien; Michel Boivin, 37 ans, qui a un déficit intellectuel et qui, malgré tout, mène une vie parfaitement autonome, travaille dans un dépanneur et a une petite amie…

Sébastien Méliot, lui, est un jeune ingénieur français qui vit au Québec depuis six ans. Sébastien et Michel se sont rencontrés à travers le parrainage civique de Montréal, un organisme communautaire, qui comme quelques autres du Québec, jumelle les bénévoles avec des déficients intellectuels légers.

Pourquoi êtes-vous devenu parrain?

«Il y a longtemps que je voulais m’engager. Je n’avais pas vraiment de connaissances de la déficience intellectuelle, alors c’est vraiment le hasard qui m’a emmené là. Puis j’ai plongé et ça c’est bien passé. Le but du parrainage, c’est de créer une relation qui perdure. Donc, c’est comme un «speed dating» si je peux m’exprimer ainsi. Ils essaient de nous «matcher» avec la meilleure personne possible avec qui nous avons un minimum d’affinités. Il y a eu des débuts un petit peu difficiles mais on va fêter nos cinq ans de jumelage en janvier prochain. On file le parfait amour si je peux m’exprimer ainsi. On a du fun, c’est le plus important.

Qu’est-ce que ça prend pour être parrain?

Il faut juste avoir envie de le faire. J’ai tout de suite accroché. On n’a pas besoin de qualités particulières. Il faut un peu de patience et être capable de pouvoir donner du temps. C’est tout. Et un peu d’imagination pour pouvoir multiplier les activités.

Le parrainage, quand on commence la relation, nous demande de donner à peu près quatre à cinq heures par mois. Maintenant, libre à la personne, au parrain ou à la marraine, de donner 20 heures ou 2 heures par mois. On demande simplement, si on commence à une dizaine d’heures par mois, de ne pas diminuer le nombre d’heures. Avec Michel, on peut se voir trois fois dans la semaine, puis être deux semaines sans se voir. Il n’y a aucune règle établie, ça dépend des activités de chacun. Des fois, Michel est bien occupé ; après c’est moi mais, par contre, on a un suivi très régulier au téléphone. On s’appelle au moins une fois par semaine, parce qu’il faut parler des parties du Canadien!

Est-ce qu’il y a une démarche particulière au parrainage?

Chacun gère sa relation comme il l’entend. Moi je dirais : Michel est mon ami. La mission numéro 1 du parrainage, c’est de favoriser l’insertion sociale des personnes déficientes, donc moi c’est le rôle que je me donne. Maintenant, il y a certains sujets que je ne souhaite pas trop aborder, par exemple, en ce qui a trait à la vie sexuelle d’une personne déficiente, par exemple, parce que j’estime que ce n’est pas mon rôle. Michel a un éducateur, dans sa vie, qui peut gérer ce genre de problème, donc je ne veux pas non plus entrer en conflit avec la personne intervenante. Donc, je me limite. On a beaucoup de fun, on a déjà beaucoup de sujets de conversation et d’activités, avec le sport et tout un tas de choses.

Il est comment, Michel?

Depuis cinq ans, je l’ai vu évoluer parce que il y a cinq ans, on m’aurait dit «tu vas faire telle activité avec Michel», j’aurais mis ma main au feu que jamais on aurait pu faire ça. On a fait du saut en parachute! J’ai mis Michel dans un bateau, il y a deux ans, sans qu’il ne sache nager, mais il est toujours partant. Il a acquis une très grande confiance en lui. Quand je l’ai connu, il vivait dans un appartement avec sa maman et maintenant il vit tout seul, dans son propre appartement. Il a atteint un très grand niveau d’autonomie. Il a des responsabilités puisqu’il a un animal de compagnie maintenant.

Qu’est-ce que ça vous apporte, cette relation?

C’est du plaisir à l’état pur. Il n’y a aucune contrainte. À chaque fois, je suis partant pour faire plusieurs activités, multiples et diverses. Avec Michel, c’est toujours «go»!
Je suis très heureux de cette relation parce que ça me fait garder les pieds sur terre. On est tellement dans un monde maintenant où il faut performer, il faut être meilleur que tout le monde. De passer du temps avec Michel, ça me fait oublier tout. Je sors de ma bulle et on retrouve des plaisirs simples. Par exemple, c’est aller faire un tour en voiture en ville, aller au cinéma, ça peut sembler banal. Mais Michel, lui, est très heureux d’aller passer deux heures au cinéma, d’aller manger un hot-dog et prendre un coke. Donc, ce sont des plaisirs simples et, moi, j’aime cette simplicité qu’il y a dans notre relation.

Michel Boivin:

«Sébastien est fin, il est gentil. Parce qu’il est très gentil, je l’aime beaucoup. Et parce que je l’aime beaucoup, on fait des activités ensemble, on fait des affaires ensemble. Il est super et je l’aime beaucoup, c’est mon idole!»

Sébastien Méliot a remporté le prix Gérard Hamon 2006 pour son implication bénévole des quatre dernières années auprès de Michel, son filleul.

Parrainage Civique Montréal est un organisme sans but lucratif qui a pour mission de favoriser l'intégration et la participation sociale des personnes ayant une déficience intellectuelle et de défendre leurs intérêts par le biais de relations d'amitié établies avec des citoyens bénévoles. Depuis sa fondation en 1979, Parrainage Civique Montréal a recruté, formé et encadré près de 700 bénévoles. Étudiant, travailleur, famille, retraité, homme ou femme et âgé de 18 ans et plus, l'aventure est à la portée de tous.*

* source: Parrainage Civique Montréal

Ressources :

Parrainage Civique Montréal
www.parrainagemontreal.org

Regroupement québécois du parrainage civique
www.parrainmarraine.com