Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Le Centre de réadaptation Estrie – un centre pas comme les autres!

Émission du 15 février 2007

L’image qu’on se fait d’un centre de réadaptation pour personnes handicapées risque d’être un peu bousculée dans le portrait que nous vous présentons cette semaine. Car le Centre de réadaptation Estrie (CRE) n’est pas comme les autres! Malgré sa taille – le centre compte près de 300 employés et dessert une clientèle d’environ 10 000 personnes – il s’y dégage une atmosphère chaleureuse. Les corridors sont égayés d’aquarelles. Des salons sont aménagés avec des couleurs chaleureuses et des fauteuils confortables. Il y a une salle spécialement aménagée – la salle Inuskhuk – conçue comme lieu de recueillement, autant pour le personnel que pour la clientèle. On peut même y croiser des chiens – ici, deux Labernois participent aux thérapies de réadaptation, une première au Canada.

Tout a commencé il y a une dizaine d’années, quand la directrice actuelle, Lucie Dumas, a voulu donner un nouveau visage à son institution en humanisant les services et en se rapprochant de sa clientèle, ce qu’elle a fait au cours des années. Aujourd’hui, le centre fait partie d’un réseau mondial d’établissements de soins, le réseau Planetree, reconnu pour la qualité et l’humanité des soins donnés. En 2005, le Centre de réadaptation Estrie (CRE) est devenu le premier établissement du réseau de la santé et des services sociaux au Québec à participer au «Défi Meilleurs Employeurs», organisé par le journal Les Affaires Plus. Nous sommes allés rencontrer la directrice, Mme Lucie Dumas dans son centre, en Estrie. Voici un extrait de l’entretien qu’elle a bien voulu nous accorder.

Qu’est-ce qui distingue le Centre de réadaptation Estrie d’autres établissements?

En 2003-2004 nous avons pris un virage important, ici au Centre de réadaptation. Nous nous sommes donnés comme objectif d’élever les comportements humains. Malheureusement, le milieu de la santé est parfois froid, impersonnel. Les gens qui reçoivent des services au centre sont souvent dans des situations difficiles – il se passe des événements graves dans leurs vies! C’est important de les accueillir avec chaleur.

Ici, on demande aux médecins de donner accès au plus d’information possible aux patients. Ils sont la priorité. Nous croyons que c’est là une façon de valoriser l’intelligence des gens. C’est important que notre client ne soit pas passif, qu’il prenne un rôle actif dans sa réadaptation. Notre clientèle reçoit donc beaucoup d’information non seulement sur leur condition mais sur leur santé. Un autre élément important pour nous, c’est d’avoir des contacts physiques – lorsque la personne nous le permet. Un exemple : souvent, lorsqu’on va informer quelqu’un sur son état, on va lui toucher le bras. On va avoir un contact physique, un contact visuel, s’asseoir près du lit plutôt que de lui donner de l’information debout dans le cadre d’une porte. Nous croyons que cela favorise ce que la personne retient de l’information qui lui est donnée.  

Élever les comportements humains, ça se traduit comment dans le quotidien?

Le fait d’élever les comportements humains, ça se traduit, au quotidien, dans des petits gestes. De vous dire bonjour dans les corridors, d’aménager l’environnement physique pour qu’il soit plus accueillant, plus chaleureux. Ce qu’on veut, c’est qu’ici, les gens se sentent bien. On utilise tous les sens en réadaptation – même l’odorat! Par exemple, on fait souvent cuire des muffins sur les étages pour leur rappeler le retour à la maison - qui ne sera pas très long  parce que la vie en réadaptation n’est pas très longue.

Vous avez même gagné un prix?  

Nous avons remporté cette année (2006) la troisième place comme meilleur employeur au Québec. C’est une grande joie pour nous, car cela envoie un message clair sur notre orientation. De notre engagement, comme équipe, de travailler sur nos attitudes, sur nos comportements pour que le centre soit un endroit où on est fier de travailler. Un endroit où ce qu’on fait est important. Le défi du dépassement, on le vit à chaque jour. C’est important de faire confiance à l’intuition des professionnels en place. Les idées nouvelles, les façons d’améliorer les services, ça ne vient pas toujours d’analyses formelles. Ça vient souvent de l’expérience des gens. C’est important de les écouter, de les soutenir pour leur permettre d’apporter des modifications, souvent essentielles.

Planetree est un organisme a but non-lucratif fondé en 1978 par une Américaine satisfaite des traitements à la fine pointe de la technologie, mais déçue des soins impersonnels qu'on lui avait prodigués à l'hôpital. L'organisme compte aujourd'hui plus d'une centaine de membres (des centres hospitaliers, d'hébergement, de soins de longue durée, de réadaptation, etc.), surtout aux États-Unis. «En Occident, on se préoccupe de plus en plus d'humaniser les soins, dit Susan B. Frampton, présidente de Planetree, qui a évalué le Centre de réadaptation Estrie. Le patient d'aujourd'hui veut être informé et considéré comme un partenaire dans son processus de guérison.»*

* source : L'actualité, juin 2006

Ressources :

Centre de réadaptation Estrie
300, rue King Est, bureau 200
Sherbrooke (Québec) J1J 1B1
Téléphone : (819) 346-8411
Télécopieur : (819) 346-4580