Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Les avantages de l'allaitement

Émission du 1er mars 2007

Selon une récente enquête de l’Institut de la statistique du Québec, 85 % des mamans québécoises allaitent au sortir de l’hôpital.

«J’attends mon premier bébé dans quelques semaines et j’aimerais allaiter. Ça m’inquiète un peu parce que ça n’a pas l’air simple. Quels sont les avantages?»
Pour répondre à cette question, nous avons consulté deux expertes, la Dre Suzanne Dionne, omnipraticienne, et notre nutritionniste, Nathalie Jobin.

Docteure Dionne, quels sont les avantages de l’allaitement?

Pour le bébé, le principal avantage est que, dans le lait maternel, il y a énormément d’anticorps que le bébé ne peut pas recevoir autrement. Quand un bébé naît, son système immunitaire est complètement immature et il se développe au cours des mois, au cours des années. La mère qui allaite renforce le système immunitaire de l’enfant, tout aussi longtemps que l’allaitement dure.

Pendant combien de temps devrait-on allaiter?

La Société canadienne de pédiatrie encourage l’allaitement exclusif, donc seulement le lait de la maman, pendant les six premiers mois de vie de l’enfant, et elle encourage les femmes à poursuivre l’allaitement, jusqu’à ce que l’enfant ait deux ans, et même au-delà.

Pourquoi exclusif pendant les six premiers mois?

Chez l’enfant qui est allaité exclusivement, on note une diminution des infections des oreilles, une diminution du taux de gastro-entérite et de la diarrhée chez les bébés. On a noté aussi une diminution du taux d’hospitalisation des enfants pour des problèmes d’infection des voies respiratoires.

Quels sont les problèmes qu’on rencontre dans l’allaitement?

Beaucoup de femmes voient l’allaitement comme quelque chose de difficile. On ne se fait pas assez confiance. J’encourage beaucoup les mamans à faire du peau-à-peau avec leur bébé après la naissance. Les bébés ont une compétence innée à la naissance à aller chercher le sein de la maman.

Est-ce que toutes les femmes peuvent allaiter?

La majorité des femmes peuvent allaiter. Comme pour n’importe quelle partie du corps humain, n’importe quelle fonction humaine, il peut y avoir des problèmes. Un petit pourcentage des femmes, de l’ordre de 3 % à 5 % peuvent avoir un problème de production lactée. Elles vont avoir du lait, mais pas toujours suffisamment pour permettre la croissance optimale du bébé. Pour ces femmes-là, on va leur suggérer de donner un supplément et, dans certains cas, on peut aussi donner des médicaments pour les aider à augmenter la production lactée.

Certains bébés vont avoir de la difficulté à prendre le sein, particulièrement après un accouchement qui a pu être long ou traumatique. Dans ce cas, il faut beaucoup de patience et, au pire des cas, quand le bébé ne prend pas le sein facilement après la naissance, on va encourager la maman à exprimer son lait et donc à donner son propre lait par un moyen alternatif. Avec le temps, le bébé récupère de la naissance et pourra mieux prendre le sein et être capable d’être allaité. Certains bébés peuvent aussi avoir des problèmes anatomiques : le frein de la langue trop court ou certains problèmes neurologiques. Mais il est question ici de cas individuels.

Pourquoi les femmes abandonnent-elles l’allaitement?

Certaines vont l’abandonner parce qu’elles sont des performantes et qu’avec l’allaitement, on est obligée de se laisser aller. On est obligée, vraiment d’écouter les besoins du bébé, on est plus du tout en contrôle. Il n’y a pas moyen de mettre les tétées à l’agenda. C’est vraiment le bébé qui mène le bal. Un bébé de deux, trois mois qui boit encore huit fois par jour, c’est fréquent. Je comprends que les femmes peuvent trouver ça difficile, mais c’est la réalité de l’allaitement.

Quelles sont les bienfaits pour la santé de la femme qui allaite?

Dans un premier temps, la maman développe plus facilement la relation d’attachement avec son enfant, en étant obligée de prendre son bébé dans ses bras chaque fois qu’elle l’allaite, en ayant beaucoup de contact peau-à-peau avec son bébé. Deuxièmement, l’utérus de la mère qui allaite va se replacer un peu plus rapidement, ce qui peut diminuer un peu plus les saignements post-partum. Et enfin, une conséquence importante de l’allaitement : plus l’allaitement est long dans la vie d’une femme, plus les risques de cancer du sein diminuent.

Finalement, je pense que ce qui est très important dans les premiers jours si on n’est pas certaine, c’est d’avoir de l’aide de quelqu’un, pour être sûre que le bébé prend bien le sein, diminuer le risque d’avoir des gerçures, ou des douleurs au niveau des mamelons, etc.

Ce sont les premières semaines qui sont un gage de succès?

Oui, et je dirais qu’il faut être très patiente. On ne connaît pas les plaisirs de l’allaitement durant les 3-4 premières semaines, c’est souvent au-delà de cette période qu’on trouve ça agréable, facile, confortable.

Les avantages de l’allaitement, selon Nathalie Jobin, nutritionniste:

Le lait maternel contient vraiment tout ce dont l’enfant a besoin tant du point de vue des macro-nutriments comme les lipides, les glucides, ou encore les protéines, qui sont vraiment adaptés à l’immaturité du système digestif et immunitaire de l’enfant. On y retrouve également des vitamines et des minéraux et aussi des immunoglobulines pour son système immunitaire et également des probiotiques qui vont aider le système digestif de l’enfant.

Que doit manger une maman qui allaite?

Une maman qui allaite doit avoir à peu près les mêmes habitudes alimentaires que lorsqu’elle était enceinte, sauf que la demande en énergie pour produire le lait est un peu plus élevée. Donc en moyenne, la maman qui allaite doit prendre entre 450 et 500 calories de plus par jour pour avoir une bonne production de lait. Les protéines sont importantes : il faut manger suffisamment de fruits et légumes pour avoir une alimentation équilibrée.

Est-ce que la maman qui allaite doit éviter certains aliments pour ne pas provoquer d’allergie chez son enfant?

Si, dans la famille, il n’y a pas d’antécédents d’allergie, il n’y a pas vraiment d’aliments à éviter. Dans le cas des familles où un des enfants aurait des allergies sévères, il faut être prudent. Si, par exemple, il y a une allergie aux arachides, les recommandations sont, pour la maman qui allaite, d’éviter de manger toute source concentrée d’arachide. Et la même chose pour les œufs : on évite de manger des omelettes, de manger des quiches. S’il y a des œufs dans une préparation et que c’est assez dilué, ça peut aller. Mais on évite les sources concentrées, parce que de petites quantités de protéines allergènes peuvent passer dans le lait maternel et faire en sorte que l’enfant risque de développer une allergie à son tour. 

Finalement, il y a de nombreux avantages à l’allaitement. Son côté économique, bien sûr, mais surtout pratique. Le lait maternel est toujours à la bonne température, il est toujours prêt. Où qu’on aille, on n’a pas besoin de penser d’apporter tout le matériel. Donc, la nuit c’est plus facile aussi…

Si on veut que l’allaitement soit un succès, ça prend du soutien : du papa, qui peut faire sa part même s’il ne peut pas nourrir, de l’entourage mais aussi d’organismes qui se dédient au soutien à l’allaitement comme La Fédération québécoise Nourri-Source, dont l’adresse apparaît ci-dessous.

Ressources :

Fédération québécoise Nourri-Source, ressource en allaitement.
www.nourri-source.org

Ligue La Leche
www.allaitement.ca

Centre canadien d’information des femmes
www.womennet.ca