Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

L’exercice... pour lutter contre le cancer!

Émission du 8 mars 2007

On n’a plus vraiment besoin de vanter les mérites de l’activité physique. On vous le répète à notre émission régulièrement! On sait maintenant à quel point c’est nécessaire de bouger, peu importe l’âge que l’on a ou même la condition dans laquelle on se trouve. Et on sait aussi que l’exercice aide à prévenir les maladies, dont le cancer.

Toutefois, on pourrait penser que certaines situations commandent plus de repos. Entre autres quand on est en train de combattre un cancer et qu’on doit en plus subir des traitements agressifs comme de la radiothérapie ou de la chimiothérapie. Mais on a découvert que l’inactivité physique avait des conséquences néfastes non seulement sur la motivation du patient à poursuivre ses traitements et sur son état général, mais aussi sur la progression de certains cancers.

Par exemple, trois études américaines ont signalé une baisse de plus de 50 % des récidives et même de la mortalité chez des personnes traitées pour un cancer du sein ou du côlon qui suivaient en parallèle un programme de mise en forme.

C’est vraiment une toute nouvelle réflexion dans la lutte contre le cancer et vous allez voir, elle fait son chemin! Nous avons rencontré Madame Micheline Jutras, à La maison de l’Estrie à Sherbrooke, membre d’un réseau d’hôtelleries de la Fondation québécoise du cancer, qui accueille des personnes atteintes de cancer et leurs proches pour la durée de leurs traitements.

Depuis deux ans, l’Hôtellerie de l’Estrie offre à sa trentaine d’invités des programmes d’activité physique offerts par des kinésiologues rattachés à l’Université de Sherbrooke. Cette initiative témoigne de la volonté de la Fondation québécoise du cancer d’intégrer l’activité physique comme traitement pour le cancer. Parmi les activités offertes à l’Hôtellerie de l’Estrie, il y a un atelier anti-lymphœdème. Pour le prévenir, on travaille la souplesse des membres supérieurs. On fait des étirements. Les résultats se voient très rapidement. Même après une semaine, les patients retrouvent plus de mobilité. On ne peut pas toujours éviter le lymphœdème, mais ceux qui font leurs exercices regagnent leur souplesse. C’est un exemple de l’activité physique utilisée autant en traitement qu’en prévention.

René Maréchal, kinésiologue, est représentant de la Fondation québécoise du cancer en Estrie.  «Pour les gens atteints de cancer, il y a un sentiment de perte de contrôle du corps. Il faut qu’ils puissent reprendre le contrôle de leur corps et, parmi ces moyens, il y a l’activité physique. La recherche démontre plein de bénéfices associés au traitement et à la prévention. On rencontre chaque personne à son arrivée pour évaluer ses habitudes : alimentation, tabagisme, tout est important pour que les gens puissent faire un changement dans leur vie. On voit les effets directs. Les traitements ont des effets négatifs que l’activité physique vient contrer. Pendant les traitements, les gens ont des effets secondaires moindres. Et c’est aussi bon pour le stress, car les personnes atteintes de cancer vivent un grand stress.»

«On intègre peu à peu l’exercice au traitement des patients atteints de cancer, et c’est excellent», selon la Dre Lorraine Portelance, radio-oncologue au Centre universitaire de l’Université McGill et vice-présidente de la Fondation québécoise du cancer. L’exercice est bénéfique à plusieurs points de vue en cours de traitement. Elle procure un bon tonus musculaire, de l’endurance et aide à contrer la fatigue. Des études démontrent que de pratiquer 2 à 3 fois par semaine un entraînement cardiovasculaire apporte un bénéfice important.

Quand une personne apprend qu’elle a un cancer, la façon qu’elle a d’aborder sa maladie, la confiance qu’elle réussit à développer pour se battre et l’espoir de guérir jouent un rôle important dans la façon dont la maladie va évoluer, même si on ne réussit pas toujours à gagner.

Notre témoin : Mme Micheline Jutras

  

«Je n’avais jamais été touchée par la maladie. Et puis un jour, sans crier gare, le diagnostic du cancer du sein est tombé. C’est très difficile à entendre. Dans mon cas, j’ai été opérée 2 fois parce que la première fois ce n’était pas suffisant. Alors, dans le même mois, 2 chirurgies, c’est déjà pas mal et après ça, on parle de traitements.»

Madame Jutras en était à son 7e traitement sur 25 lors du passage de notre équipe.

«Avant d’arriver à l’Hôtellerie de l’Estrie, je me suis dit «le traitement dure environ 20 minutes. Qu’est-ce que je vais faire du reste de ma journée? Mais finalement, il y a toujours quelque chose à faire : de la marche, de la kinésithérapie, de la massothérapie. La journée passe assez rapidement.» 

Le Lymphœdème – une maladie méconnue

Le lymphœdème est une enflure due à l’accumulation de liquide lymphatique présent dans l’organisme. Cette enflure se produit lorsque les ganglions lymphatiques, agissant normalement comme des filtres, ne parviennent plus à assurer cette fonction parce qu’ils ont été retirés à la suite d’une opération ou qu’ils ont été endommagés par la radiothérapie ou le cancer lui-même. Le lymphœdème est différent de l’enflure à la poitrine, à l’aisselle et au bras qui apparaît tout de suite après l’intervention chirurgicale.
Il est difficile de prédire qui présentera un lymphœdème. Les risques d’en être atteint s’accroissent lorsque de nombreux ganglions lymphatiques ont été enlevés ou lorsque la personne a subi une radiothérapie dans la région axillaire. Dans de rares cas, le lymphœdème apparaît à la suite d’une biopsie du ganglion lymphatique sentinelle.

Un lymphœdème peut se manifester peu de temps après le traitement ou des mois et même des années plus tard. Sa présence peut être temporaire ou à long terme. Un bon nombre de femmes qui développent un lymphœdème après avoir reçu des traitements pour un cancer du sein présentent des symptômes bénins qui peuvent être facilement maîtrisés.*

*Source : Société Canadienne du cancer

Des techniques comme le Tai-chi et le Qi-gong, qui nous viennent de l’Asie, font également de plus en plus leurs preuves comme approches complémentaires aux traitements conventionnels médicaux. En fait, ils touchent à une dimension de l’être humain que les traitements anti-cancer ne soignent pas, la psyché! Et ils viennent réveiller des réflexes de guérison et de survie qui sont souvent enfouis au plus profond de nous et dont nous ignorons souvent la présence!

Le Dr Claude Fournier est médecin généraliste au Service de médecine intégrée du Centre de santé et de services sociaux de Beauce. Il est lui-même un adepte du Tai-chi et du Qi-gong depuis plusieurs années et est convaincu de leur puissance.

Notre Témoin : Mme Suzanne Dulac

 

Mme Suzanne Dulac pratique le Tai-chi et le Qi-gong depuis 6 ans avec le Dr Claude Fournier,  qui les enseigne en Beauce, à la Maison accueil-sérénité. Elle a commencé cette pratique avant de savoir qu’elle était atteinte d’un cancer du sein, diagnostiqué en 2000. L’exercice, dit-elle, l’a beaucoup aidé, même quand elle se sentait bien malade.

En effet, les nausées, la fatigue, les troubles de sommeil, grâce à ces deux disciplines, elle a réussi à diminuer les effets négatifs. D’un point de vue scientifique, cela combine deux approches – la méditation et l’exercice physique. Il y a diminution du métabolisme, du rythme cardiaque et du rythme respiratoire. La recherche actuelle fait le lien entre les endorphines et d’autres neurotransmetteurs : des hormones comme la sérotonine qui amène un bien-être lorsqu’il est à un niveau optimal.

D’ailleurs, le Tai-chi et le Qi-gong sont déjà pratiqués depuis une dizaine d’années dans les grands centres de traitement de cancer aux États-Unis. «On s’aperçoit, dit le docteur Fournier, que la médecine occidentale n’a pas la réponse à tout, surtout en terme de maladie chronique comme le cancer. Elle sert à régler le problème immédiat, dangereux et à le circonscrire et donne du temps pour améliorer sa situation avec d’autres méthodes comme le Tai-chi, la méditation, le Qi-gong. Les meilleurs résultats viennent de la combinaison des deux approches. Et le plus tôt, c’est le mieux. Comme on dit en Chine, creusez votre puits avant d’avoir soif.»

Le point de vue du Dr Richard Béliveau :

«Le cancer est une maladie complexe qu’on ne traitera pas avec une seule approche. Pour ce qui est de la prévention du cancer par l’alimentation, on commence à comprendre les mécanismes parce qu’on a pu isoler les molécules qui ont un effet sur les cellules cancéreuses. Pour l’exercice, on ne connaît pas encore les mécanismes. Il y a des données récentes qui démontrent que l’exercice physique semble avoir un effet inhibant sur la prolifération de certains cancers. Et l’entraînement régulier, intense, de deux à trois fois par semaine. On ne parle plus juste de marche, on parle vraiment d’avoir une dépense cardio-vasculaire importante. Cette recommandation est maintenant inscrite parmi les recommandations de la Société américaine du cancer, pour certains cancers comme le cancer du sein, par exemple. On sait que ça marche, mais on ne comprend pas encore pourquoi. Donc, c’est une recherche qui va évoluer très rapidement dans les prochaines années. »

L’activité physique ne fait encore que très rarement partie des processus de traitements du cancer au Québec. Pourtant, on oublie que bien des gens atteints d’un cancer vont mourir non pas à cause de la tumeur maligne, mais de l’extrême faiblesse engendrée par les traitements. Quand on combat un cancer, on a besoin que toutes nos fonctions soient mobilisées : il faut refaire constamment nos forces, manger, dormir et diminuer le plus possible notre stress. La maladie et les traitements handicapent ces fonctions, mais l’exercice peut grandement aider à les rétablir. Si vous êtes atteint d’un cancer, parlez-en à votre médecin, il pourra vous guider dans le choix des activités. Votre qualité de vie, et peut-être même votre vie, en dépendent!

Pour avoir plus d’informations sur les programmes offerts par la Fondation québécoise du cancer et le réseau d’hébergement, veuillez consulter le site Web de la Fondation au www.fqc.qc.ca

NOS EXPERTS:

Dr RICHARD BÉLIVEAU
CHERCHEUR EN ONCOLOGIE
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL (UQÀM)

RENÉ MARÉCHAL
KINÉSIOLOGUE
FONDATION QUÉBÉCOISE DU CANCER

Dre LORRAINE PORTELANCE
RADIO-ONCOLOGUE
FONDATION QUÉBÉCOISE DU CANCER

Dr CLAUDE FOURNIER
MÉDECIN GÉNÉRALISTE
SERVICE DE MÉDECINE INTÉGRÉE
CENTRE DE SANTÉ ET DE SERVICES SOCIAUX DE BEAUCE

Ressources :

Fondation québécoise du cancer
www.fqc.qc.ca

Société canadienne du cancer
www.cancer.ca

Maison accueil-sérénité – organisme de soutien aux personnes atteintes de cancer
www.accueil-serenite.org

Organisation québécoise des personnes atteintes du cancer
www.oqpac.com