Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

La zoothérapie

Émission du 20 janvier 2006

La zoothérapie est une forme de thérapie de plus en plus reconnue dans le milieu de la santé. Les expériences se multiplient et le Québec fait figure de leader dans le domaine. À Zoothérapie-Québec, on affirme que les gens viennent de l'étranger pour voir ce qui se fait ici. La zoothérapie est une technique, non un loisir ou un divertissement. Les zoothérapeutes sérieux insistent sur l'aspect thérapeutique de leur travail : l'animal est un outil qui aide à atteindre des objectifs précis, que ce soit au niveau de la santé physique ou mentale. On pense que la présence de l'animal abaisserait, entre autres, la tension artérielle et que cet état induirait une ouverture à la guérison, tant psychologique que physique.
Le programme de zoothérapie du CHUQ
Le CHUQ de Québec innove avec des animaux qui font maintenant partie intégrante du traitement des enfants malades. Le programme du CHUQ est une première et un exemple de l'utilisation de la zoothérapie en milieu hospitalier. Le programme est bien structuré; il comporte des objectifs thérapeutiques définis et s'accompagne d'un projet de recherche scientifique visant à évaluer ses effets. Aujourd'hui, le CHUQ sert de référence aux autres groupes désirant monter un projet semblable dans leur milieu. Le Dr Pierre Déry, infectiologue, était chef de département au moment de l'implantation du programme de zoothérapie au CHUQ. Comme d'autres médecins, il avait des réticences et craignait principalement la propagation de bactéries par les animaux. Les enfants cancéreux ont en effet un système immunitaire affaibli qui peut être plus sensible aux infections. Pour répondre aux craintes des médecins, il a donc fallu :
1) combattre les préjugés. Par exemple, la salmonellose ne se transmet pas par les chiens et on peut prévenir l'apparition des autres rares maladies transmissibles par les chiens au moyen d'un simple vaccin.
2) choisir un animal moins à risques, c'est-à-dire hypo-allergène
Le Cotton de Tuléar est un petit chien tout blanc «à cheveux», ce qui signifie qu'il ne perd pas ses poils. Il bave peu, ce qui réduit encore les risques d'allergies. Évidemment, les enfants demandeurs passent des tests d'allergies. Aussi, chaque chien subit un récurage en règle avant sa visite à l'hôpital. 3) Monter un cheptel et trouver des parrains
Les chiens appartiennent à l'hôpital, mais ils sont parrainés par des bénévoles qui s'occupent d'eux lorsqu'ils ne travaillent pas. Au CHUQ, ce sont des employés de l'hôpital qui jouent ce rôle.
Pierre Verrette est infirmier-pivot au département d'oncologie pédiatrique du CHUQ. C'est lui qui est responsable du programme de zoothérapie là-bas, un programme destiné d'abord aux enfants atteints de cancer. Mais on pense élargir l'accès à d'autres enfants malades qui doivent fréquemment être hospitalisés. En effet, des études ont montré qu'une longue hospitalisation  entraîne des risques de dépression, ce qui peut nuire à la guérison. Les enfants sont coupés de leur environnement et de leur famille; le chien procure alors une stabilité. Il devient aussi la responsabilité de l'enfant pour une journée. La présence d'un animal permet d'ajouter une dimension plaisir à ces longues et dures journées de traitement. Il ouvre une porte sur les états d'âme et pourrait même agir sur les effets secondaires associés aux traitements. Thérapie et zoothérapie
Psychologue et zoothérapeute, Valérie Gosselin a fondé Amis-Maux, clinique qui héberge toute une variété de bêtes : chats, chiens, lapins, petits rongeurs. Dans le cadre de ses études en neuropsychologie, Valérie avait remarqué que l'utilisation des animaux relevait davantage de la zoo-animation, du loisir, et qu'il y avait lieu de pousser cette technique de façon plus structurée, dans un cadre véritablement thérapeutique. Elle décide donc de s'entourer de divers professionnels de la santé et de l'éducation, convaincus comme elle de l'intérêt d'intégrer les animaux à leur pratique thérapeutique. Les animaux de la clinique sont utilisés de deux façons : ils installent un climat de confiance et servent d'outil thérapeutique. D'une part, cela veut dire, par exemple, que les ados sont «contents» d'aller chez leur psy et qu'ils sont plus ouverts à la thérapie. D'autre part, l'animal peut être directement intégré à la thérapie. Par exemple, on va jumeler une chatte craintive à un enfant qui a peur des autres. La présence de l'animal incite l'enfant à parler, ce qui favorise une ouverture plus rapidement. L'enfant se projette sur l'animal et se livre plus facilement à la psychologue.