Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

Le cancer

Émission du 10 février 2006

Il existe de nombreux types de cancer, mais tous se caractérisent par la croissance et la propagation de cellules anormales dans l'organisme. Au Québec, environ 37 000 nouveaux cas de cancer sont déclarés chaque année et 18 400 personnes en meurent. (Source : Rapport national sur l'état de santé de la population du Québec 2005 – Produire la santé). Au Canada, on a recensé 149 000 nouveaux cas de cancer en 2005 et 69 500 décès. (Source : Statistiques canadiennes sur le cancer 2005). Son les experts, un Canadien sur trois recevra un diagnostic de cancer au cours de sa vie. Les hommes développent surtout des cancers du poumon, du côlon et de la prostate ; les femmes, des cancers du poumon, du sein et du côlon. Mais avec le développement de nouveaux médicaments et d'approches thérapeutiques plus efficaces, les patients atteints de cancer peuvent voir leur vie se prolonger de plusieurs mois, parfois même de plusieurs années. Les taux de survie ne cessent d'augmenter et le cancer est de plus en plus une maladie chronique, comme le diabète ou l'hypertension. Cela a une incidence importante, tant physique que psychologique, sur les personnes qui en sont atteintes. Auparavant, un diagnostic de cancer équivalait à une mort imminente. Aujourd'hui, on survit au cancer, mais dans l'inquiétude constante qu'une rechute s'avère fatale.
Causes du cancer
La consommation de tabac est responsable de 30 % de tous les cas de cancer, dont 85 % sont des cas de cancer du poumon. Une consommation quotidienne insuffisante de fruits et légumes serait associée aux maladies chroniques vasculaires et à certains cancers. La sédentarité est aussi en cause dans certains types de cancer. L'obésité est un facteur de risque associé au cancer du sein après la ménopause. Il y a aussi un lien entre l'environnement physique et le cancer. On note une corrélation entre l'augmentation de la pollution atmosphérique et le cancer du poumon. Le lien entre le cancer de la peau et l'exposition aux rayons ultraviolets est connu. L'exposition des enfants aux pesticides augmenterait leurs risques de contracter certaines formes de cancer (leucémie, cancer du cerveau et lymphomes). En milieu de travail, les personnes qui sont exposées à des substances nuisibles à la santé sont plus susceptibles de développer le cancer, dont le cancer du poumon. Finalement, des conditions socioéconomiques difficiles constituent un facteur de risque de maladies chroniques, dont le cancer.
L'approche du Québec dans la lutte au cancer
En 1998, le gouvernement a instauré le Programme québécois de lutte contre le cancer après qu'un comité consultatif sur le cancer, présidé par le Dr Luc Deschênes, ait proposé l'implantation d'un ensemble de services intégrés pour lutter contre la maladie. Depuis, l'approche du gouvernement du Québec est axée sur la prévention. On sait que 50 % des cas de cancer pourraient en effet être évités par l'adoption de saines habitudes de vie. Le gouvernement a donc mis en place différents programmes pour agir sur les causes évitables du cancer, comme le tabagisme, la mauvaise alimentation et l'obésité, ainsi que la sédentarité et certains agents environnementaux. Le programme de dépistage du cancer du sein (PQDCS), implanté depuis quelques années par le ministère de la Santé et des Services sociaux, vise à réduire la mortalité par le cancer du sein. Ce programme s'adresse particulièrement aux femmes de 50 à 69 ans. Le Dr Jean Latreille, hémato-oncologue et président du Conseil québécois de la lutte contre le cancer, explique que le Programme québécois de lutte contre le cancer a été conçu pour faire face à l'augmentation du nombre de cas de cancers «de même qu'au caractère désormais chronique de la maladie». Il indique que «ces facteurs entraînent des changements dans la demande de soins et de services à laquelle doit répondre le réseau de la santé» et que, dans ce contexte, «les rôles et responsabilités des différents groupes de professionnels sont appelés à évoluer». Deux rapports publiés en mars 2005 par des comités du Conseil ont émis des recommandations concernant les besoins des personnes atteintes de cancer et de leurs proches comme d'humaniser l'annonce du diagnostic et les contacts durant les traitements et le suivi. Trop de personnes subissent encore les conséquences d'un diagnostic trop tardif. Mais la présence des infirmières pivots en oncologie – des infirmières qui font le suivi étroit d'un patient – est notée comme un progrès. Il reste cependant beaucoup à faire pour améliorer le dépistage, le suivi des patients et leur qualité de vie. (Source : Le soutien, l'adaptation et la réadaptation en oncologie au Québec. Recommandations. Avis. Comité de soutien, d'adaptation et de réadaptation (SAR), mars 2005)
L'approche du Canada dans la lutte au cancer
Dans son Rapport d'étape sur la lutte contre le cancer au Canada, l'Agence de santé publique du Canada insiste sur le dépistage précoce du cancer pour réduire la morbidité de la maladie et augmenter la probabilité de survie grâce au traitement précoce. Au Canada, quatre cancers majeurs font l'objet d'un niveau important de dépistage : le cancer du sein, du col utérin, de la prostate et colorectal. Le cancer est une maladie qui se produit principalement en raison de mutations dans les gènes qui contrôlent la croissance cellulaire et la réparation de l'ADN. Des progrès ont été faits au cours de la dernière décennie au niveau des connaissances sur les gènes et le cancer. La génétique pourrait éventuellement jouer un rôle important dans le dépistage du cancer en permettant l'identification d'individus à risque de développer un cancer spécifique. Le suivi des malades chroniques
Dre Robin Cohen, sommité en matière de recherche sur les soins palliatifs, la psychologue Joanne De Montigny, ainsi que Louise Potvin, une femme atteinte du cancer du sein depuis 10 ans, mentionnent l'importance d'un suivi tout au long du traitement, axé sur la qualité de vie des patients. Le problème, c'est que c'est souvent au moment où le traitement se termine que les malades ont besoin d'une prise en charge adaptée. «Jusqu'ici, les conséquences physiques, psychologiques et sociales de cette maladie ont été ignorées par les médecins, les chercheurs et même les associations de patients, laissant les survivants trop souvent dans l'ignorance des risques qu'ils pouvaient courir ou de la façon de se prendre en charge seuls.» Les survivants présentent toujours un risque de récidive et n'ont pas seulement besoin d'un suivi médical. Ils doivent aussi être aidés à surmonter la peur qui est chez eux inévitable. (Source : Journal de Montréal, «Les survivants ont besoin d'un plan», le 9 novembre 2005)